Charlie Hebdo vend 8.000 exemplaires par semaine en Belgique

Près de deux ans après l’attaque meurtrière du 7 janvier 2015 contre la rédaction du journal satirique français, Charlie Hebdo dépasse encore les 8.000 exemplaires hebdomadaires en Belgique. C’est bien plus que les 400 à 500 exemplaires vendus dans notre pays avant l’attentat. Et il n’y a pas qu’en Belgique francophone où les ventes sont bonnes. En Flandre aussi, le journal suscite encore un intérêt accru, constate Tom Vermeirsch, directeur commercial du distributeur AMP.
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La Belgique n'est d’ailleurs pas le seul pays à voir les ventes du titre satirique français se multiplier: "Quelques centaines de milliers d'exemplaires sont vendus à l'étranger. Une version germanophone a aussi vu le jour en Allemagne. C'est cynique, mais après l'attentat, c'est devenu un magazine très rentable", affirme Tom Vermeirsch.

Le premier numéro sorti après l’attentat du 7 janvier 2015 - dans lequel les frères Kouachi tuaient 12 personnes, parmi lesquelles cinq caricaturistes célèbres - avait été vendu à 500.000 exemplaires en Belgique.

"Il s'agissait surtout d'une marque de soutien. Depuis, les ventes ont diminué, mais se sont stabilisées. L'intérêt du public perdure. Avant l'attaque, beaucoup de gens ne connaissaient pas le Charlie Hebdo." Un intérêt également présent en Flandre, selon le directeur commercial. "Les chiffres de vente y sont bons".

Le nombre de points de vente a aussi fortement augmenté en Belgique, passant de quelques centaines à 3.000, soit 80% des librairies.

Numéro spécial

Un numéro spécial est paru ce mercredi, titrant ironiquement: "2017, enfin le bout du tunnel". En couverture, un personnage regarde le canon d’un fusil tenu par un islamiste. Deux ans après les attentats, Charlie Hebdo, symbole contesté de la liberté d'expression, défend en effet plus que jamais le droit à rire de tout.

"2015 a été l'année de la survie, 2016 celle de la stabilisation", expliquait Riss (photo), le directeur de la rédaction de "Charlie", à l’agence AFP. "En 2017 il faut peut-être qu'on soit plus offensifs", ajoutait le patron du journal satirique, désormais installé dans des locaux ultrasécurisés.