Des officiers turcs demandent l’asile à la Belgique

Les autorités turques ont limogé plus de 8.000 personnes et fermé des dizaines d'associations supplémentaires dans le cadre des enquêtes ouvertes après le putsch manqué en juillet, selon trois décrets-lois parus au Journal officiel dans la nuit de vendredi à samedi. Des officiers rattachés à l’Otan et basés en Belgique sont également concernés et ont demandé asile à la Belgique.
Copyright 2016 The Associated Press. All rights reserved. This material may not be published, broadcast, rewritten or redistribu

Parmi les 8.390 personnes limogées, figurent 2.687 policiers, 1.699 fonctionnaires du ministère de la Justice, 838 de celui de la Santé et des centaines d'employés d'autres ministères ainsi que 631 universitaires et 8 membres du Conseil d'Etat.

Les décrets précisent que les ressortissants turcs se trouvant à l'étranger pourront être déchus de leur nationalité s'ils ne rentrent pas dans les trois mois suivant leur convocation par les autorités.

Ils ajoutent que la police pourra désormais accéder aux informations personnelles des internautes, dans le cadre d'enquêtes concernant la cybercriminalité. Plus de 80 associations accusées d'"activités portant atteinte à la sûreté de l'Etat" ont par ailleurs été fermées. Parmi elles, huit clubs de sport sont concernés, principalement situés dans le sud-est à majorité kurde du pays.

En revanche, onze journaux - principalement du sud-est - précédemment fermés ont été autorisés à rouvrir. Par ailleurs, 276 personnes ont été réintégrées à leur poste par ces décrets.

450 officiers rattachés à l’Otan limogés

Ces mesures sont prises dans le cadre de l'état d'urgence instauré après la tentative de putsch du 15 juillet. Les autorités turques accusent Fethullah Gülen, un prédicateur exilé aux Etats-Unis, d'avoir ourdi le coup de force, ce que l'intéressé dément. Depuis le coup d'Etat manqué, plus de 41.000 personnes ont été arrêtées en Turquie et plus de 100.000 limogées ou suspendues, notamment des professeurs, policiers et magistrats.

Le quotidien La Libre révèle qu’environ 450 officiers turcs sur les 600 basés à l’Otan auraient été limogés après la tentative échouée de coup d’État. Parmi eux, 42 des 53 officiers basés au siège de l’Otan à Haren et 80 des 100 collaborateurs au Shape à Casteau. Les officiers ne reçoivent plus de salaire et ont peur de retourner en Turquie. Dix-neuf d’entre eux l’ont fait et ont d’ailleurs été enfermés, explique un colonel limogé à la Libre. Une centaine de familles auraient demandé l’asile à la Belgique.