Des proches de victimes de Zaventem et Paris trainent Twitter en justice

Les proches de plusieurs victimes des attentats de nombre 2015 à Paris et du 22 mars à Zaventem ont introduit conjointement une plainte contre Twitter aux Etats-Unis. Ils estiment que le réseau social n’a pas fait assez pour empêcher les terroristes de diffuser leur message via sa plateforme. Ils exigent des dédommagements du média social, dont le montant est encore à déterminer.

L'affaire a été introduite à New York par Cameron Cain, la partenaire d'Alexander Pinczowski, décédé avec sa sœur le 22 mars à Zaventem, et par les proches de Nohemi Gonzalez, morte le 13 novembre à Paris. Au moment de l’attentat dans le hall des départs de Brussels Airport, Alexander était en train de téléphoner avec son père, Ed Pinczowski. Ce dernier confirme l’ouverture de la procédure judiciaire.

Les plaignants estiment que Twitter a donné aux terroristes de l'Etat islamique "un moyen de communication unique et puissant" et que cela les a aidés à atteindre leurs objectifs. Selon Cameron Cain, des organisations terroristes telles que l’EI prospèrent grâce aux réseaux sociaux et devraient s’y voir interdire l’accès.

Les proches sont d'avis que Twitter a foulé aux pieds la législation antiterroriste américaine. Ils réclament des dommages et intérêts, pour le décès de leurs proches, sans en spécifier le montant. Un jury devra se prononcer.

"Une arme puissante pour le terrorisme"

Dans une accusation longue de 92 pages, Cameron Cain accuse Twitter de n’avoir pas réussi à s’opposer à l’EI et qualifie l’outil de microblogage "d’arme puissante pour le terrorisme".

Cameron Cain, qui est la fille de James P. Cain, un ex-ambassadeur des Etats-Unis au Danemark, est soutenue par les victimes d’autres actes terroristes et par le Centre israélien pour le droit Shurat Hadin, qui a déjà soutenu des procès similaires.

Ce n'est pas la première fois que Twitter ou d'autres réseaux sociaux sont montrés du doigt pour leur utilisation par les terroristes. Une plainte avait déjà été déposée après le massacre commis dans une boîte de nuit d'Orlando.

Twitter s'en est longtemps tenu à une interprétation large de la liberté d'expression sur internet, mais traite les semeurs de haine avec plus de sévérité depuis deux ans, cédant ainsi à la pression politique. En août, l'entreprise avait indiqué avoir déjà fermé 360.000 comptes servant à promouvoir le terrorisme.