Les 10% de Belges les plus riches possèdent 48% du patrimoine

Selon les estimations réalisées par l’organisation non-gouvernementale Oxfam, l’inégalité dans la répartition des richesses n’épargne pas la Belgique. La tranche des 10% des personnes les plus riches y possède en effet près de la moitié du patrimoine net global des ménages du pays. Les quotidiens De Standaard et Le Soir reprennent les données dévoilées par Oxfam à la veille du Forum économique mondial, dont la réunion annuelle aura lieu du 17 au 20 janvier à Davos, en Suisse.

Le pourcent le plus nanti de la population belge possède à lui seul 17,9 % du patrimoine global des ménages. Même si les chiffres interpellent, ils apparaissent un peu moins inégalitaires que chez nos voisins, note Le Soir et De Standaard: Outre-Rhin, les 10% les plus riches possèdent près de 60% du patrimoine, et en France, le même chiffre dépasse les 50 %.

Le Belge le plus riche, Albert Frère (photo principale), pèse à lui seul autant - financièrement parlant - que le cinquième le plus pauvre de la population nationale.

A noter que les calculs d'Oxfam diffèrent de ceux de la Banque nationale de Belgique, qui estime sur base de chiffres de 2014 que les 10% les plus riches de la population belge détiennent 43-44% du patrimoine total.

Dans le rapport annuel dévoilé par Oxfam, il apparait, au niveau global, que les huit personnes les plus riches du monde possèdent autant que la moitié de la population mondiale.

Six Belges sur 100 en situation de privation matérielle sévère

L’an dernier, 6% de la population était confrontée, en Belgique, à une situation de privation matérielle sévère, l'empêchant d'atteindre un niveau de vie 'standard', indiquent ce lundi des chiffres publiés par la direction générale Statistiques du service public fédéral Economie. En 2015, la moyenne européenne était estimée à 8%.

Par ailleurs, partir en vacances ou pouvoir faire face à des dépenses imprévues est impossible pour un quart de la population et plus d'une personne sur 10 se prive de loisirs ou de relations sociales pour des raisons financières. Au total, 22% des Belges déclarent avoir des difficultés à joindre les deux bouts.

Ces résultats provisoires sont les premiers indicateurs disponibles quant à la pauvreté en Belgique en 2016. Ils sont tirés de l'enquête SILC et seront complétés dans les prochains mois par les indicateurs monétaires. Cette enquête mesure la privation matérielle à l'aide de neuf éléments relatifs à la privation de biens matériels et à l'incapacité de réaliser certaines actions qui symbolisent le niveau de vie moyen de notre société.

Une personne se trouve en situation de privation matérielle sévère lorsqu'au moins quatre éléments de privation sont retrouvés. Parmi ceux-ci figurent notamment la capacité de payer des factures à temps (loyer, eau, électricité), de partir une semaine en vacances, de s'offrir un repas composé de viande, de poulet ou de poisson tous les deux jours au moins, de faire face à une dépense imprévue, de posséder un téléphone, une voiture personnelle ou encore de chauffer convenablement son domicile.

Pour une partie importante de la population de 16 ans et plus, il est également difficile de financer certaines activités sociales. Ainsi, 1,3% de la population n'est pas en mesure de participer à des activités de loisirs de manière régulière, 12% ne peut pas se permettre de dépenser une petite somme d'argent chaque semaine pour son bien-être (coiffeur, achat d'un cadeau, ...) et 12% ne dispose pas de moyens financiers suffisants pour retrouver des amis ou de la famille autour d'un verre ou d'un repas au moins une fois par mois.

Menée depuis 2004 par la Direction générale Statistique, l'enquête SILC interroge annuellement environ 6.000 ménages belges. Harmonisée au niveau européen, elle permet de suivre les principales évolutions en matière de pauvreté et d'exclusion sociale.