Hendrik Vos :"Le discours de Trump me fait penser à celui de Dewinter"

Le politologue de l'université de Gand (UGent) Hendrik Vos, se déclare impressionné par le discours d’investiture du nouveau président américain Donald Trump. Il craint que les relations commerciales avec l'Europe soient mises sous pression, il se demande aussi comment Trump va faire pour transformer ses paroles en actes.

"Ce qu’a déclaré Trump est en contradiction avec la politique américaine de ces dernières décennies", a estimé Hendrik Vos à VRT. "Je suis très impressionné qu’il l’ait dit aussi explicitement. Les relations commerciales entre les Etats-Unis et l’Europe sont si intenses mais semblent, à présent, mises en danger. Nous devons attendre et voir ce que cela va donner en pratique".

"Au cours de ces dernières décennies, on a œuvré, dans le monde, à la destruction des barrières et à la diminution des tarifs douaniers mais Trump semble vouloir faire l’inverse. Nous savions qu’il ne serait pas pressé de négocier le Partenariat Transatlantique de Commerce et d’Investissement (TTIP) entre l’Union européenne et les Etats-Unis, mais ce qu’il a déclaré hier ressemble à une voiture qui fait marche-arrière".

Hendrik Vos redoute l'incertitude pour l’économie européenne. "Les liens qui nous unissent à l'Amérique sont solides. C’est un partenaire commercial important. Mais le "Buy American" (Achetez américain) et "Hire American" (Engagez américain) auront sans aucun doute un impact sur les entreprises européennes qui exportent vers les Etats-Unis".

"Pour l’Union européenne c’est une modification des règles du jeu. Comme si  nous n'avions pas déjà assez de problèmes avec le Brexit, et à présent cela".

Quant au ton du discours d'investiture de Trump, Hendrik Vos est très critique. "C’était le ton de sa campagne électorale, pas un discours présidentiel. Je trouvais qu’il avait le ton de Filip Dewinter (Vlaams Belang). L'"America First" de Trump ressemble à son "Eigen Volk Eerst" (Notre peuple d'abord). "Trump fait comme il s’il pouvait tout régler dans son coin".

"Le nouveau président américain n’apprécie pas les entreprises qui ont délocalisé leur production dans d’autres pays. Mais pourquoi avoir fait cela ? Parce que cela leur coûtait moins cher" ajoute Hendrik Vos. "Si Trump veut rapatrier des entreprises aux Etats-Unis, cela va signifier que la production sera plus chère aux Etats-Unis et cela va faire grimper l’inflation. Mais ça, Trump n’en parle pas.
Il ne tire pas les conclusions de son raisonnement. Or, prendre des décisions unilatéralement ne reste pas sans conséquences. Il y aura un effet boomerang" conclu Hendrik Vos.