Une fresque morbide fait à nouveau polémique à Bruxelles

Après un pénis, une scène de masturbation, puis de pénétration et enfin un anus, les passants ont droit, cette fois, à une scène de décapitation sur un mur, près de la Porte de Flandre à Bruxelles. On y voit deux mains vigoureuses sur le point d'égorger un homme maintenu de force au sol.
Nicolas Maeterlinck

Contrairement aux autres fresques, la Ville de Bruxelles n’a pas l’intention, cette fois, de laisser ce graffiti intact. "On ne peut pas comparer ce dessin aux fresques à caractère sexuel que l’on a vus apparaître sur les murs, ces derniers mois" a déclaré l’échevine Ans Persoons (SP.A) au quotidien Het Laatste Nieuws.

"Cette fois c’est une scène de décapitation et cette fresque pourrait être un appel à la violence. Je trouve cela beaucoup trop violent et je voudrais voir cette fresque disparaître le plus vite possible".

Contacté par nos confrère du journal Le Soir, Yvan Mayeur (PS), souhaite aussi que le dessin soit recouvert ou enlevé. "Nous sommes très tolérants, mais dans ce cas-ci, même si ce n'était peut-être pas la volonté de l'artiste, la fresque appelle à la violence. Dans le contexte actuel, on se doit d'être prudent", a expliqué le bourgmestre de Bruxelles.

La Ville de Bruxelles doit d’abord contacter le propriétaire de la façade. Et devrait prendre une décision la semaine prochaine.

Le journal Buzz, quant à lui, a remarqué que la fresque murale avait de nombreuses similitudes avec  "Le Sacrifice d'Isaac", un tableau de l'artiste baroque italien Caravaggio, dit Le Caravage, en 1603.

AFP or licensors

Va-t-on interdire même Caravaggio ?

Un avis que ne partage pas Sven Gatz (Open VLD),le ministre flamand de la Culture et de Bruxelles trouverait regrettable que la Ville de Bruxelles décide d’effacer la fresque. "Ce travail n’a pas de mauvaise intention, il faut qu’il reste".

"Je comprends la réaction des autorités", ajoute le ministre qui reconnaît qu'il intervient dans une matière qui n'est pas de sa compétence, "mais j’estime que l’art est libre et qu'il est interdit d’interdire. Va-ton interdire même Caravaggio ?" se demande le ministre flamand sur Twitter.