Le protectionnisme de Trump menace 5.000 emplois en Belgique

Si le nouveau président des Etats-Unis instaure des droits de douane plus élevés, comme il l’a annoncé récemment, entre 1.200 et 5.000 emplois seront en danger dans notre pays. C’est ce qu’a calculé le quotidien financier De Tijd. Les mesures protectionnistes de Donald Trump pourraient également affecter la croissance économique belge.
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Ces mesures protectionnistes annoncées par la nouvelle administration Trump pourraient également coûter de 0,1 à 0,42% de croissance à l'économie belge, selon des simulations effectuées par Hylke Vandenbussche, professeur d'économie internationale à la KU Leuven (Brabant flamand).

Les Etats-Unis appliquent actuellement une taxe moyenne de 2,1% sur les importations européennes. Le président Donald Trump a annoncé son intention de faire grimper ce taux à 5%, voire 15% temporairement.

La Belgique exporte directement et indirectement quelque 8,2 milliards de dollars (7,6 milliards d'euros) vers les Etats-Unis. Ces activités représentent environ 54.000 postes, soit 1,2% de l'emploi dans le pays.

Si Donald Trump rehausse la taxe à 5%, cela aura un effet négatif de 5,7% sur l’exportation belge aux Etats-Unis. Ce qui représente une perte de production de 467 millions de dollars et pourrait entrainer la perte de 1.200 emplois, a calculé Hylke Vandenbussche de l'Université Catholique de Louvain.

Si le tarif passe à 15%, une perte d’exportation de 24% ou 2 milliards d’euros menace la Belgique. Ce qui mettrait également en péril plus de 5.000 emplois.

3.000 nouveaux emplois dans les technologies

Agoria, la fédération des entreprises technologiques, annonce par contre une bonne nouvelle ce mardi. L'an dernier, ces entreprises ont créé 3.000 nouveaux emplois. Et Agoria prévoit encore une croissance nette de 200 postes de travail en 2017, malgré la fermeture de Caterpillar et ses 2.200 pertes d'emploi.

Le secteur est confiant pour l'année qui débute et s'attend à une croissance de 1,6%, après avoir enregistré une progression de 1,8% en 2016.

"Beaucoup d'entreprises font part de lancements de nouveaux produits et d'innovations", se félicite le CEO d'Agoria, Marc Lambotte. Trois quarts d'entre elles se montrent positives quant à l'amélioration de la compétitivité.

"La modération salariale des dernières années a soutenu nos exportations et permis la création d'emplois ici", souligne encore la fédération sectorielle.

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