Les pratiques abusives de certains policiers étaient connues depuis dix ans

Un audit dénonçait déjà en 2006 les comportements inappropriés de policiers en charge du rapatriement de personnes en situation illégale. La rédaction du magazine Pano (VRT) révèle des photos compromettantes de policiers avec des prostituées. L’audit parle d’ estompement de la norme dans la conduite des policiers qui auraient pu subir du chantage.

Ce lundi, des extraits d’un rapport d’audit de 2016 ont été révélés. Ce rapport dénonce une certaine culture du profit personnel au sein du service de police en charge du rapatriement depuis Zaventem des personnes en séjour illégal.

Or, en 2005 déjà, une enquête similaire avait été effectuée par l’inspection générale de la police après des dénonciations de situations anormales à l’aéroport.

Dans ce rapport d’il y a dix ans, il est déjà question d’estompement de la norme au sein du corps de police. Il y est notamment question de consommation d’alcool durant les heures de service. A l’époque déjà, des agents en mission à l’étranger avaient eu recours aux services de prostituées. Des photos circulent même sur internet sur lesquelles ces agents sont dans des situations compromettantes.

La chef de la Police ordonne une enquête préliminaire

La commissaire générale de la Police fédérale, Catherine De Bolle a demandé à l’Inspection générale d’ouvrir une enquête préliminaire sur des pratiques abusives lors des rapatriements de personnes en séjour illégal. Catherine De Bolle veut savoir qui est responsable de ces abus, ce qui s’est exactement passé, où et quand.

Outre le fait qu’un tel comportement de policiers n’est pas acceptable, les services d’inspections avaient déjà noté que ces agents pouvaient aussi subir un possible chantage.

Les agents en question, en service à l’aéroport, travaillent dans un système de rotation : durant quatre mois,  ils sont chargés des rapatriements. Durant deux autres mois, ils travaillent au service de contrôle des passeports au guichet de l’aéroport.

"Il serait donc possible que ces policiers, au comportement déviant, ferment les yeux lors du passage de certaines personnes à la douane".

Pas de contrôle interne

Il y a dix ans, la conclusion du rapport était qu’il n’y avait pas de contrôle interne et qu’il devait y en avoir un d’urgence.  Si des rapports ont bien été établis, on n’en n’a apparemment pas tenu compte.

Dans le rapport d’audit de 2016 on peut lire : "Il y a de très fortes présomptions de comportements inappropriés qui dépassent les missions de rapatriement. Par exemple : sollicitation de services sexuels en missions à l'étranger, falsifications dans l'élaboration de documents administratifs, consommation d’alcool, chantage".