Vervoort et Weyts s’opposent sur les nuisances de Brussels Airport

Les gouvernements bruxellois et flamand continuent à s’opposer sur le dossier des nuisances sonores causées par l’activité sur l’aéroport de Zaventem. La Flandre a soulevé un conflit d’intérêts contre la décision de Bruxelles de faire respecter strictement ses normes de bruit. Ces normes sont donc suspendues pendant 60 jours. Mais le ministre flamand de la Mobilité, Ben Weyts (photo, à dr.), reproche à Bruxelles de ne pas vouloir négocier pendant ce laps de temps. Le ministre-président bruxellois, Rudi Vervoort (photo, à g.), dément.

La réunion de ce mercredi au comité de concertation - l'organe qui réunit les différents gouvernements du pays - s'est penchée mercredi sur l'épineux dossier des nuisances sonores. Si aucune solution ¬n'est trouvée d'ici le 21 février, la procédure en conflit d'intérêt arrivera à échéance et la décision de Bruxelles d'appliquer les normes de bruit sans marge de tolérance entrera pleinement en vigueur.

La réunion n'a débouché sur aucune solution. Au contraire, l'impasse semble encore plus importante qu'avant. Le ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts(N-VA) accuse le gouvernement bruxellois de refuser la concertation. "On n'est même pas prêt à s'asseoir à table pour chercher un consensus", a-t-il commenté, précisant vouloir "épuiser tous les moyens juridiques" pour contrer la décision bruxelloise.

Le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) et la ministre de l'Environnement Céline Fremault (cdH, photo) démentent que Bruxelles refuse la concertation. "Nous demandons une concertation depuis plus de deux ans", soulignent-ils. Le gouvernement bruxellois veut surtout que le gouvernement fédéral prenne l'initiative et travaille à "une solution globale" (reprenant notamment la loi sur les routes aériennes). Mais cette loi seule ne réglera pas la situation, a réagi le ministre fédéral de la Mobilité François Bellot MR). "Les normes de bruit sont depuis des décennies une compétence régionale", a-t-il souligné.

Le Premier ministre Charles Michel (MR) a l'intention de réunir les gouvernements rapidement pour parler du dossier. Normalement, la prochaine réunion du comité de concertation est prévue le 22 février, soit après l'échéance du conflit d'intérêts. L'objectif est d'avancer la réunion pour tenter de sortir de l'impasse. "Mais si le gouvernement bruxellois ne veut pas céder un mètre, et même un millimètre, la question est de savoir si cela réussira", indique une source proche du dossier.

La Wallonie est aussi partie prenante au dossier. A la suite de plaintes d'habitants du Brabant wallon, le ministre en charge des aéroports René Collin (cdH) a fait placer huit sonomètres dans sept communes (Waterloo, Braine-L'Alleud, La Hulpe, Rixensart, Wavre, Grez-Doiceau et Chaumont-Gistoux) pour tenter d'objectiver les nuisances sonores des avions de Zaventem.

La Sowaer (Société wallonne des aéroports) procède actuellement au retrait des appareils. Le résultat de l'analyse des données pourrait être connu pour le prochain comité de concertation.

Un Forum sur l'avenir de Brussels Airport dés 2017

La plateforme de dialogue Forum 2040 mise en place afin de permettre un dialogue ouvert et constructif sur les projets d'extension de l'aéroport de Zaventem (Vision 2040) débutera ses travaux au second semestre 2017, a annoncé Brussels Airport. Les modalités du processus de dialogue, qui doit réunir 60 personnes issues de différents horizons et représentant les parties prenantes, doivent en effet encore être affinées.

Brussels Airport avait présenté en novembre dernier sa Vision stratégique 2040. Celle-ci entend poursuivre le développement de l'aéroport, afin de renforcer la connectivité et l'économie du pays, en équilibre avec l'impact sur les riverains et tous les acteurs concernés. Pour ce faire, un forum représentatif, qui sera présidé par l'ancien diplomate Jan Grauls, doit voir le jour.

Un tiers de ses membres représenteront, à titre individuel ou collectif, les riverains de l'aéroport. Un deuxième tiers donnera la parole aux acteurs socio-économiques alors que le dernier groupe devra être composé de représentants du monde aéronautique et d'experts. Un bureau spécialisé assurera l'accompagnement.

Quelque 220 personnes ont introduit une candidature pour intégrer le forum. Un jury indépendant doit à présent sélectionner les soixante qui participeront effectivement au groupe de dialogue. Souhaitant également "accorder toutes les chances aux dossiers en cours à divers niveaux de gestion, en vue de la mise en place d'un cadre juridique stable et cohérent", l'aéroport attendra le second semestre pour débuter les travaux du forum.