Le ministre wallon Paul Furlan a démissionné

Le ministre wallon des Pouvoirs locaux Paul Furlan (PS) a annoncé jeudi sa démission du gouvernement, affirmant être "droit dans ses bottes", mais l'avoir décidé parce que "la sérénité n'est plus assurée". Le ministre-président wallon Paul Magnette a accepté cette démission, a précisé M. Furlan (PS) au cours d'une conférence de presse.

Pendant près de trois quarts d'heure, Paul Furlan est revenu sur les dossiers récemment sortis dans la presse, démontant une à une les accusations.

Aux yeux de Paul Furlan, et même s'il juge être droit dans ses bottes, la sérénité du travail du gouvernement n'est plus assurée, raison pour laquelle il a remis sa démission. L'opposition MR et Ecolo la réclamaient, estimant qu'il n'était "plus l'homme de la situation".

"Je ne suis pas un Calimero et je ne rentrerai pas dans le jeu de me plaindre, j'ai toujours pris mon destin en main, et la vie ne s'arrête pas à celle de ministre", a rappelé celui qui redevient député-bourgmestre de Thuin.

Paul Furlan emporté par le scandale Publifin

Paul Furlan est emporté par le scandale Publifin, du nom d'une société intercommunale basée à Liège qui rémunérait grassement des représentants de partis politiques qui siégeaient dans ses instances, parfois pour ne rien faire.

Le chef de cabinet adjoint de Paul Furlan, Claude Parmentier, avait dû démissionner mi-janvier en raison de sa rémunération élevée comme administrateur de la filiale au statut privé de Publifin, Nethys.

Paul Furlan, à qui l'opposition reprochait de ne pas avoir exercé un contrôle suffisant sur Publifin, ainsi que d'avoir confié à un membre de son cabinet la gestion de ses sociétés privées, estime de son côté "être droit dans ses bottes"
 

Paul Furlan n'a commis aucune faute politique, souligne Paul Magnette

Le ministre des Pouvoirs locaux Paul Furlan, qui a démissionné jeudi du gouvernement wallon "pour assurer la sérénité" de son travail, "n'a commis aucune faute politique et n'était pas en position de conflit d'intérêts", a assuré le ministre-président Paul Magnette (PS) à l'entame d'une conférence de presse sur les mesures que s'apprête à prendre son gouvernement en matière de gouvernance et d'éthique.

"Mais vu les vifs débats, c'est personnellement et en âme et conscience qu'il m'a signalé ce matin son intention de démissionner, ce que j'ai accepté. C'est un geste rare, spontané, qui honore la politique. Je suis convaincu qu'une fois la poussière retombée, on reconnaîtra qu'il aura été un excellent ministre", a ajouté M. Magnette.
Le nom du successeur de M. Furlan devrait être annoncé dans le courant de l'après-midi, selon le chef de l'exécutif wallon.

Révolution de gouvernance en Wallonie

Le gouvernement wallon a annoncé jeudi une batterie de mesures destinées à "révolutionner" la gouvernance et l'éthique en Wallonie, à la suite du scandale Publifin qui a emporté le ministre Furlan.

"Des centaines de mandats vont disparaître, la rémunération de nombreux mandats sera fortement diminuée ou tout simplement supprimée", a annoncé le ministre-président Paul Magnette (PS), entouré des vice-présidents Maxime Prévot (CDH) et Jean-Claude Marcourt (PS).
Ce "renforcement du cadre juridique" en Wallonie passera aussi par la "suppression des structures inutiles", l'extension des incompatibilités de mandats et le renforcement des contrôles et sanctions.

MM. Magnette et Prévot ont tous deux rappelé que la Wallonie avait déjà pris des mesures en ce sens par le passé, et ont dénoncé la manière dont certains les avaient détournées.

Parmi les mesures prises, "toutes les rémunérations seront publiées nominativement", a affirmé M. Magnette. "Nous vivons à une époque où les impératifs de transparence ont balayé les impératifs de protection de la vie privée".

Pierre-Yves Dermagne remplacera Furlan au sein du gouvernement wallon

Le député socialiste wallon Pierre-Yves remplacera Paul Furlan au sein du gouvernement wallon, a annoncé mercredi après-midi le président du PS Elio Di Rupo.

"Nous avons fait le choix de la jeunesse", a commenté M. Di Rupo lors d'une conférence de presse à Bruxelles, en présence du nouveau ministre. "Il est la bonne personne à la bonne place!", a-t-il ajouté.

Agé de 36 ans et député wallon depuis 2014, M. Dermagne reprend les compétences du Logement, des Pouvoirs locaux ainsi que des Infrastructures sportives au sein de l'exécutif wallon.
Le portefeuille de l'Energie, que M. Furlan détenait également jusqu'à sa démission mercredi matin, a lui été confié au ministre Christophe Lacroix, déjà en charge du Budget, de la Fonction publique et de la Simplification administrative.

Devant la presse, M. Dermagne a exprimé une "pensée émue" pour son prédécesseur a remercié M. Di Rupo pour la confiance placée en lui pour exercer cette "mission importante".
"Je peux vous assurer que je vais me mettre à travailler d'arrache-pied dès ce soir", a dit le nouveau ministre à la réputation de "bûcheur".

Originaire de Rochefort dont il est le Premier échevin, ce juriste de formation et avocat a fait ses classes comme attaché parlementaire, ainsi que comme chef de cabinet adjoint du ministre Philippe Courard. Il fut aussi conseiller auprès de la ministre wallonne Eliane Tilleux.

Conseiller provincial à Namur dès 2006, il était devenu député provincial en 2012.

En octobre 2015, il s'était fait remarquer en signant dans la presse - avec ses coreligionnaires Nicolas Martin et Christophe Colligon - un plaidoyer pour la régionalisation des compétences de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Ombre au tableau du futur ministre, M. Dermagne a été l'un des coauteurs de la proposition de décret de juin 2015 qui a prolongé de deux ans - jusqu'au 1er juillet 2017 - les règles internes des intercommunales gestionnaires de réseaux de distribution ou de communication. L'échéance du 1er juillet 2015 aurait mis ces intercommunales en butte avec le Code de la démocratie locale, de par l'existence des comités de secteur, ces organes qui, chez Publifin, ont permis à des mandataires locaux de toucher d'importantes rémunérations sans obligation de prester.