L’évêque de Bruges demande une sanction accrue pour Vangheluwe

Lode Aerts, l’évêque de Bruges, estime que son prédécesseur Roger Vangheluwe (photo), qui est au centre d’un scandale d’abus sexuel, devrait être plus sévèrement sanctionné. Il veut demander au Vatican de retirer à l’ancien évêque brugeois le statut de prêtre. C’est possible, mais pas évident.

"L'évêque Aerts est très attentif au sort des victimes d'abus sexuels. Il remarque aussi que les abus de son prédécesseur ont laissé des cicatrices profondes. Il estime donc qu'il serait indiqué d'aller plus loin", précise sa porte-parole, Inge Cordemans.

Le Vatican avait, jusqu'ici, seulement demandé à ce que Roger Vangheluwe quitte le pays et n'occupe plus un rôle public, mais ce n'est pas suffisant selon le nouvel évêque. Il estime surtout que le statut de prêtre que conserve Vanghe¬luwe aux yeux du Vatican pose problème. Lode Aerts (photo) va ainsi tenter de pousser le Vatican à l'action, promet-il.

L’ex-évêque confronté à sa victime présumée

Une confrontation entre Roger Vangheluwe et Kris Verduyn, l'homme qui prétend avoir été victime d'abus sexuels de la part de l'ecclésiastique il y a 25 ans, a eu lieu mercredi dans les locaux de la police judiciaire fédérale (PJF) à Bruxelles. Me Joris Van Cauter, l'avocat de Vangheluwe, a précisé d'une part que son client avait nié avec force les accusations et d'autre part que la victime avait apporté quatre versions différentes et contradictoires des abus présumés.

La confrontation de mercredi est l'un des devoirs d'enquête supplémentaires demandés lorsque l'Opération Calice - l'enquête du parquet fédéral sur des faits de mœurs commis par des membres de l'Église catholique et les tentatives faites par celle-ci pour étouffer l'affaire - a été renvoyée en Chambre du conseil en avril dernier. Le parquet fédéral avait alors demandé à la Chambre du conseil de déclarer prescrite la procédure pénale, mais la Chambre ne s'était pas rangée à cet avis et avait ordonné un complément d'enquête.

A la suite de la confrontation entre Vangheluwe et sa victime présumée - dans les bureaux de la police fédérale de Bruxelles - le diocèse de Bruges est demandeur de plus de clarté. Il n'avait en effet pas été mis au courant et a appris par la presse la tenue de cette confrontation.

"Nous sommes demandeurs de clarté dans cette affaire. Et nous sommes en tant qu'Eglise, avec les points d'accueil pour abus dans le cadre d'une relation pastorale, prêts à assister les victimes, même si les faits semblent prescrits pour la justice", e indiqué le diocèse.

Le cardinal Jozef de Kesel (photo), ancien évêque de Bruges, est à l'origine, en tant que successeur de Roger Vangheluwe, d'un changement de cap au sein du diocèse, entreprise poursuivie par son successeur temporaire, Koen Vanhoutte. Différentes victimes d'abus sexuels au sein de l'Eglise ont ainsi été invitées à s'exprimer. Le nouvel évêque de Bruges, Monseigneur Lode Aerts, souhaite aussi poursuivre dans cette ligne et tirer des leçons du passé, afin que de tels faits ne puissent plus se reproduire.