"Investir davantage pour soutenir la croissance économique"

Les autorités publiques peuvent stimuler la croissance économique à long terme en réalisant davantage d'investissements, le tout pour un coût "limité", relève le Bureau du Plan dans un rapport présenté vendredi. La Belgique est à la traîne dans ce domaine. Ce sont avant tout les travaux d’infrastructure qui sont bénéfiques pour la croissance, estime l’organisme d’intérêt public qui réalise des études et prévisions sur des questions de politique économique, sociale, environnementale et leur intégration dans une perspective de développement durable.

Le Bureau du Plan imagine de relever d'un demi point de pourcentage (de 2,4% à 2,9%) la part que représente l'investissement public belge dans le produit intérieur brut (PIB), soit un effort de 2 milliards d'euros sur 2017.

Un tel effort - qui resterait en ligne avec les projets belges envisagés dans le cadre du Plan Juncker - générerait une croissance du PIB de 0,24% dès la première année, mais le bénéfice serait surtout visible à long terme: après 20 ans, la croissance additionnelle atteindrait 2,77%.

Dans le contexte actuel de faiblesse de la croissance économique et des taux d'intérêt, la croissance supplémentaire générée par la mesure permettrait qu'elle s'autofinance en partie. Un financement complémentaire resterait donc nécessaire.

Taux d’investissement trop bas en Belgique ?

La question des investissements publics est revenue sur le devant de la scène à la suite des recommandations en la matière venant des organisations internationales comme la Commission européenne ou le Fonds Monétaire International, sur fond de croissance toujours trop faible, rappelle le Bureau du Plan.

La recherche économique a en effet montré que les investissements publics ont en moyenne un impact positif à long terme sur la production intérieure, même si cet impact dépend aussi de la conjoncture économique, des taux auxquels les pouvoirs publics peuvent emprunter et de la politique monétaire.

En Belgique, le taux d'investissement des autorités publiques a diminué de moitié, passant de plus de 5% du PIB en moyenne dans les années 1970’ à 2,4% en 2015, souligne le Bureau.

À titre de comparaison, la France et les Pays-Bas affichent un taux de 3,5% et la moyenne européenne se situe à 2,7%. "Ce sont les investissements en infrastructure, comme par exemple les routes ou le rail, qui ont surtout été touchés. Or, ces dépenses sont dotées d'un haut potentiel de croissance."