La Belgique en désaccord avec la politique migratoire de Trump

Par la voix de son Premier ministre Charles Michel (photo), la Belgique a manifesté ce dimanche son désaccord avec la dernière décision du nouveau président des Etats-Unis, Donald Trump, dans le domaine de la migration. Plus particulièrement avec l’interdiction de séjour pour les citoyens provenant de sept pays à majorité musulmane de Moyen-Orient. Par voie diplomatique, Charles Michel a l’intention de demander davantage d’explications à l’administration Trump.

Le président des Etats-Unis a signé vendredi un nouveau décret visant à interdire pendant trois mois l’entrée aux USA de ressortissants de sept pays musulmans, à savoir l’Irak, l’Iran, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Donald Trump a justifié cette mesure par la volonté de lutter contre le terrorisme et l’islamisme radical.

Dans une courte réaction, le Premier ministre Charles Michel a exprimé ce dimanche l’opposition de la Belgique aux nouvelles restrictions à l’immigration aux Etats-Unis. "Nous sommes en désaccord avec l'interdiction d'accès au territoire pour sept pays musulmans. La Belgique ne tirera pas exemple de cette politique et demandera des explications par la voie diplomatique", a fait savoir le chef du gouvernement fédéral.

Charles Michel a cependant reconnu que "la politique migratoire relève de la compétence du gouvernement américain et il s'agit d'une décision souveraine". Mais la Belgique suivra l'affaire de près, afin de s'assurer notamment "des suites éventuelles pour ses propres citoyens".

Pas de problèmes à Brussels Airport, pour l’instant

Alors que les restrictions d’immigration aux Etats-Unis, très controversées, ont déjà poussé des compagnies aériennes - telles que KLM ou Swiss notamment - à refuser de transporter vers les USA des passagers originaires des sept pays musulmans visés par le décret américain, aucun problème ne s’est présenté ce dimanche matin à Brussels Airport.

"Tous les vols ont décollé comme prévu", a indiqué une porte-parole de l’aéroport de Zaventem. Samedi soir, Brussels Airport indiquait qu’aucun de ses passagers ne s’était encore fait refuser l’entrée aux USA.

Samedi, le porte-parole de la compagnie aérienne belge Brussels Airlines (photo) précisait également qu’il n’y avait pas encore eu de problème. "Il ne se pose pas pour l’instant, parce que nous n’avons pas ces samedi et dimanche sur nos vols des passagers originaires des 7 pays concernés. Ces derniers voyagent d’ailleurs peu via Bruxelles", ajoutait Geert Sciot.

"Nous allons suivre la situation de près. Si quelqu’un originaire des pays visés veut voyager de Zaventem vers les USA, nous allons prendre contact avec les autorités américaines", précisait le porte-parole de Brussels Airlines. Les compagnies aériennes qui prennent à leur bord des passagers provenant des pays touchés par la nouvelle politique migratoire américaine risquent des amendes ou une interdiction d’entrer dans l’espace aérien américain.