Philippe : "Ne pas restaurer la confiance en construisant des murs"

Dans son traditionnel discours de Nouvel an aux corps constitués, le roi Philippe a exprimé ce mardi sa déception à l’égard du choix de la Grande-Bretagne de sortir de l’Union européenne et de l’élection de Donald Trump aux Etats-Unis. Sans nommer les deux pays, fidèles alliés de la Belgique, le souverain a épinglé leur décision de "se recentrer sur eux-mêmes". Selon Philippe de Belgique, cela n’a pas de sens de vouloir construire des murs ou de se retirer dans des pensées nostalgiques utopiques.

"L'année 2016 restera marquée par la décision prise par deux grands pays amis de se recentrer sur eux-mêmes. Ces deux pays sont des leaders mondiaux, des phares de la démocratie et de la liberté. Ils ont été fondateurs de l'ordre mondial que nous connaissons aujourd'hui. Ils ont aidé à construire et à reconstruire l'Europe, notamment par leur courageux engagement lors des conflits armés qui l'ont déchirée. Cette nouvelle attitude semble vouloir inverser le cours de l'histoire et tranche avec leur tradition d'ouverture et de générosité, leur adhésion à un rêve et un engagement communs", a déclaré le roi Philippe ce mardi devant les corps constitués.

A ses yeux, ces événements traduisent une "crise de confiance généralisée dans le monde occidental", notamment dans les démocraties représentatives. Le chef de l'Etat souligne l’importance de la "confiance" et de la coopération.

"Nous pouvons rétablir la confiance en nous engageant avec force dans l’Europe et le monde". Et le souverain de donner l’exemple du changement climatique, du commerce international et de la paix, "qui ne peuvent être résolus dans un cadre uniquement national".

"Nous ne parviendrons pas à restaurer la confiance en revenant en arrière, dans un esprit utopique et nostalgique. Pas plus en élevant des murs. Mais nous y parviendrons en osant dire clairement la vérité et en posant ensemble des actes concrets, en réponse aux défis rencontrés par notre pays et le reste du monde", concluait le roi Philippe.

Michel : "Transparence des processus de décision"

L'appel figurait aussi dans le discours du Premier ministre, Charles Michel (photo), évoquant, sans les nommer, certaines affaires. "Je ne sous-estime pas l'écœurement des citoyens face à des conflits d'intérêts présumés ou un manque de transparence dans l'action publique. Le mal est fait. L'opprobre est ainsi jetée sur l'immense majorité des élus ou de fonctionnaires qui assument leurs fonctions avec probité et avec une haute idée de l'intérêt général. La transparence des processus de décision, des rémunérations justes et l'élimination des conflits d'intérêts sont des exigences absolues. Et c'est le gage de confiance pour une démocratie solide et vigoureuse", déclarait Michel (photo archives).

L'année 2017 sera celle du 60e anniversaire de Traité de Rome qui a jeté les bases de la construction européenne. Le roi des Belges a rappelé son attachement à ce projet qui a fondé la réconciliation européenne après une "guerre fratricide".

"Saisissons ce moment comme une opportunité pour l'Europe. Continuons à construire une Europe qui permet à nos identités nationales de se renforcer en collaborant, plutôt que de s'affaiblir mutuellement en s'affrontant", a plaidé le roi Philippe.