Anvers lance un projet d’intégration par la cohabitation

Via son centre public d’aide sociale (CPAS), la métropole anversoise lançait ce lundi un projet original et encore unique en Flandre d’intégration de jeune adultes réfugiés non-accompagnés et officiellement reconnus. Ils peuvent cohabiter avec des bénévoles flamands, qui leur apprendront le néerlandais par la pratique quotidienne et les aideront à se construire un réseau social. Les "buddies" anversois bénéficient, eux, d’un logement pour un loyer mensuel d’environ 250 euros.

En décembre dernier, le CPAS anversois (photo) lançait un appel aux volontaires qui souhaitaient devenir "buddy" (‘copain’) pour de jeunes adultes réfugiés reconnus ou encore demandeurs d’asile, arrivés en Belgique non-accompagnés. Depuis lors, plusieurs dizaines de personnes (dont notamment des étudiants) ont répondu à l’appel du centre public d’aide sociale anversois. Le projet de cohabitation était officiellement lancé ce lundi.

D’ici l’automne, les autorités anversoises espèrent pouvoir ainsi installer une quarantaine de duos de cohabitants (un réfugié et son "buddy"). Dans un an, elles voudraient avoir pu doubler ce nombre. Elles ont d’ailleurs fait une demande de subsides auprès des instances européennes.

Parmi les endroits aménagés pour accueillir ce projet, il y a notamment l’ancienne église de marins finlandais, où logent une dizaine de jeunes adultes. Les Anversois qui se lancent dans le projet acceptent de s’engager pour un an au moins. Ils doivent avoir entre 20 et 28 ans et pouvoir présenter un certificat de bonne vie et mœurs.

En échange, ils bénéficient d’un logement de qualité au prix mensuel de 200 à 250 euros environ. Au cours des trois prochaines années, le CPAS d’Anvers voudrait accompagner ainsi quelque 135 jeunes réfugiés et leur permettre une intégration harmonieuse.

Un projet présenté en modèle

Le but est en effet de permettre aux jeunes réfugiés, via la cohabitation avec un Anversois, de pratiquer le néerlandais quotidiennement et de l’apprendre ainsi plus vite que via des cours de langue.

Mais aussi de bénéficier de l’aide de leur colocataire pour apprendre les règles de vie dans notre société, s’en sortir dans des démarches administratives, se créer un réseau de relations sociales et d’amis. Afin, aussi, de se sentir moins seul. "L’Anversois peut ainsi par exemple emmener le jeune réfugié faire du sport", suggère Fons Duchateau (photo), président du CPAS anversois.

Le CPAS anversois travaille avec différents partenaires pour sélectionner les bénévoles anversois, dispenser les cours de citoyennisation aux réfugiés, offrir un soutien psychologique aux jeunes étrangers et leurs “buddies”.

Le Fonds Actions Innovatrices Urbaines de la Commission européenne a choisi le projet du CPAS anversois, notamment, pour le présenter en exemple à 378 villes de l’Union.

Le projet anversois de cohabitation coûte 6.117.879 euros, dont le CPAS ne doit assumer que 20%. Il a en effet reçu un subside de 5 millions d’euros du Fonds européen.

Jonas Roosens