Les banques alimentaires n’ont jamais eu autant de visiteurs

En 2016, 143 287 personnes ont fait appel aux banques alimentaires. Une augmentation de quasi 5000 personnes par rapport à 2015, qui était déjà une année record.

D’année en année, le nombre de personnes qui viennent frapper à la porte des banques alimentaires ne cesse de grimper. "On constate une augmentation depuis 5-6 ans d’affilée", explique Alfons De Vadder, président de la Fédération belge des banques alimentaires à VRT Nieuws. Cela représente une hausse de 17 % au cours des trois dernières années.

"Nous ne voyons pas toujours pourquoi, mais nous voyons bien que leurs revenus diminuent et qu’il n’y a pas suffisamment de moyens pour s’en tirer. Si les prix de l’énergie augmentent par exemple, ce qui va à nouveau bientôt être le cas, alors c’est une catastrophe pour les personnes qui ont déjà peu ou trop peu pour vivre. Ça joue certainement un rôle."

Pour pouvoir faire appel aux banques alimentaires, le demandeur doit avoir un revenu maximum de 740 euros net par mois. Les bénéficiaires sont le plus souvent des femmes seules, des enfants, des chômeurs et des personnes d’origine étrangère.

En Belgique, on compte 9 banques alimentaires. Elles distribuent leurs produits à 626 organisations de lutte contre la pauvreté pour la réalisation de colis alimentaires. Ces produits proviennent des supermarchés, des producteurs et des institutions européennes.

"La pauvreté sur le terrain augmente"

Au sein des organisations de lutte contre la pauvreté, on ressent également que le même problème est en train de s’amplifier. " De plus en plus de nouvelles personnes viennent auprès de ces associations. Les personnes qui s’y rendent depuis longtemps sont confrontés à de plus grands problèmes", indique Frederik Vanhauwaert, le coordinateur général de l’organisation Netwerk tegen armoede à VRT Nieuws.

"La pauvreté sur le terrain est en train d’augmenter, notamment à cause d’une hausse des factures énergétiques et des frais de logement en général. Cela ne va pas dans la bonne direction", ajoute-t-il. Vanhauwaert plaide à nouveau pour que les allocations dépassent le seuil de pauvreté. Il souhaite également que l’on créée de plus de logements sociaux pour que les gens aient un logement abordable.

Pauvreté en baisse ?

La ministre flamande pour l’égalité des chances, Liesbeth Homans (N-VA), avait quant à elle déclaré le mois dernier que le nombre de personnes risquant de tomber dans la pauvreté avait diminué, ce qui a donné lieu à des discussions houleuses.