La N-VA veut interdire toute campagne de politiciens turcs dans notre pays

La N-VA veut réduire au maximum les possibilités pour les hommes politiques turcs de tenir des meetings dans notre pays. Peter De Roover, le chef de groupe N-VA à la Chambre l’a déclaré à la VRT. Il répond ainsi à la demande du chancelier autrichien Christian Kern. Ce dernier estime que l’Union européenne doit interdire aux responsables turcs de faire campagne pour le référendum renforçant les pouvoirs du président Recep Tayyip Erdogan dans ses pays membres.

"Une réponse collective de l'UE pour empêcher de tels événements de campagne serait sensée", a déclaré Christian Kern au journal allemand "Welt am Sonntag", estimant que cela permettrait à "des pays comme l'Allemagne où ces manifestations sont interdites" d'échapper "à la pression de la Turquie".

Le chancelier autrichien a en tous cas reçu l’appui de la N-VA qui fait partie de la coalition au gouvernement fédéral en Belgique.  "L'idée du chancelier autrichien mérite tout notre soutien", a affirmé Peter De Roover. "C’est une approche classique de la Turquie de faire pression sur les pays qui s’opposent à sa volonté. Plus nombreux seront les pays qui adoptent une position commune et plus il sera difficile pour Ankara d’ignorer cela".

"Les meetings sont utilisés pour faire pression sur les opposants"

Dans le passé, des meetings politiques du parti d’Erdogan se sont déjà déroulés dans notre pays. Selon Peter De Roover, "lors de ces meetings, les élections en Turquie sont utilisées pour faire pression sur les opposants. Nous devons limiter cela au maximum" a-t-il ajouté.

"Dans le passé, il a été démontré que de tels meetings entraînaient des tensions, comme cela s’est passé dans les rues de Beringen et de Genk (Limbourg). C’est remonter les gens les uns contre les autres, sur base d'une campagne électorale pour laquelle nous n’avons rien à voir en Belgique".

Tension entre Berlin et Ankara

Les relations entre Ankara et Berlin se sont nettement tendues après l'annulation jeudi et vendredi en Allemagne de trois meetings de soutien au référendum du 16 avril sur l'extension des pouvoirs du président Erdogan.

La Turquie avait réagi très violemment, accusant l'Allemagne -- qui compte la plus forte communauté de la diaspora turque dans le monde, trois millions de personnes -- d'œuvrer pour une victoire du non à ce référendum.

La chancelière Angela Merkel avait expliqué que la décision d'autoriser ou non ces meetings ne relevait pas de l'Etat fédéral, mais des compétences des communes. Mme Merkel a appelé samedi le Premier ministre turc Binali Yildirim pour essayer d'apaiser la tension.

En dépit d'une interdiction des autorités locales, le ministre turc de l'Economie, Nihat Zeybekci, doit prendre part dimanche à deux rassemblements organisés par des groupes turcs à Cologne et Leverkusen.