Crevits encourage les parents allochtones à s’engager davantage

La ministre flamande de l’Enseignement constate que les parents d’origine étrangère sont parfois trop peu impliqués dans le travail scolaire de leurs enfants. Or, les élèves issus de la migration n’enregistrent souvent pas d’excellents résultats, même ceux de la seconde génération. Les écoles recevant déjà des moyens supplémentaires pour aider ces élèves, Hilde Crevits (CD&V) encourage les parents allochtones à parler le néerlandais à la maison et à s’engager davantage dans la vie de l’école de leurs enfants.
© Reporters / Michel Gouverneur

La ministre flamande Hilde Crevits (photo) tire la sonnette d'alarme à propos de la deuxième génération d'allochtones en Belgique. Celle-ci enregistre peu de progrès à l’école par rapport à la première génération, "contrairement à ce qui se produit dans d'autres pays européens, tels que les Pays-Bas", indique-t-elle ce lundi dans les quotidiens du groupe de presse Mediahuis.

"Nous devons attendre plus d'engagement de la part des parents allochtones et des nouveaux arrivants dans notre société", ajoute la ministre, qui appelle son parti à oser revendiquer à nouveau son identité flamande. "Si les parents ne peuvent pas s'exprimer en néerlandais et s'ils ne montrent pas la volonté de l'apprendre, cela a des conséquences négatives pour les enfants", estime Hilde Crevits.

Selon la ministre, les écoles doivent demander explicitement aux parents de s'engager plus. "Elles doivent pouvoir leur dire qu'elles attendent une participation active, que ce soit en tant que point de contact, en suivant la communication de l'école, mais aussi en participant à l’association des parents ou en aidant lors des soirées pour les parents."

Cette question doit être abordée au-delà de la sphère de l'enseignement. "Les Flamands sont ouverts aux autres et tolèrent beaucoup, mais ils peuvent aussi attendre en retour une volonté de prendre une part active à la vie de la société." Son plaidoyer marque une rupture avec le discours habituellement plus modéré de son parti sur ce type de sujets. "Nous devons oser nommer notre identité flamande, nos normes et nos valeurs. Cela me manque parfois un petit peu", conclut-elle.

“Choisissez le métier d’enseignant”

Hilde Crevits souligne que l’apprentissage et la pratique du néerlandais non seulement à l’école, mais aussi à la maison, augmentent les chances des enfants de réussir à l’école et de décrocher plus tard un emploi.

La ministre flamande de l’Enseignement encourage d’ailleurs aussi les jeunes issus de l’immigration à devenir enseignants. "La population des classes devient de plus en plus diversifiée, alors que le corps enseignant reste avant tout ‘blanc’. Nous constatons que très peu de jeunes d’origine allochtone optent pour un métier dans l’enseignement. Ce serait pourtant très positif s’ils le faisaient. Cela encouragerait sans doute aussi les parents allochtones à s’engager davantage dans les écoles".

BELGA/BOGAERTS