25% de suicides en plus après la mort de Steve Stevaert

L’annonce du décès par suicide de l’homme politique socialiste flamand Steve Stevaert a entraîné une augmentation de 25% du nombre d’actes désespérés en Flandre. C’est ce que révèle une étude du Professeur Gwendolyn Portzky, qui est à la tête du Centre flamand d’Expertise en Prévention du Suicide (UGent). Elle était l'invitée de l'émission "De afspraak" (VRT) mercredi soir.

Près de deux ans après le suicide de Steve Stevaert, la couverture de cet acte désespéré par les médias a eu apparemment des conséquences douloureuses.

Dans les semaines qui ont suivi cet acte, le nombre de suicides a augmenté de 26,4% et dans la catégorie d’âge de Steve Stevaert ce pourcentage est même plus élevé. Pour Gwendolyn Portzky (photo) la médiatisation d’un suicide peut entraîner un effet de contagion.

Eviter de donner trop de détails

Selon elle, "les médias ont aussi donné beaucoup trop de détails sur cet acte désespéréré. Les conditions précises, l’endroit, la méthode utilisée : on pouvait connaître les moindres détails aussi bien en radio en télé que sur les sites internet. Or, nous remarquons que communiquer de tels détails peut avoir de graves conséquences. Après la mort de Stevaert il y a eu une augmentation de plus de 25% des tentatives de suicide par noyade.

"Notre enquête a montré que ces tentatives étaient directement liées à la mort de Steve Stevaert. Les cause d’un suicide sont toujours très complexes, or les articles donnaient l’impression qu’il y avait une raison simple à son acte désespéré : il venait d’apprendre qu’il était renvoyé en correctionnelle.

Une telle simplification est dangereuse, car des gens ayant des idées suicidaires peuvent facilement s’identifier à un tel cas. Or un suicide est la conséquence d’un phénomène multifactoriel conduisant au mal-être d’un individu".

Gwendolyn Portzky insiste pour que les journalistes soient toujours très prudents lorsqu’ils traitent d’un cas de suicide pour ne pas provoquer d’effet copy-cat.

Centre de Prévention du Suicide

Les personnes qui souhaitent s'exprimer dans l'anonymat peuvent contacter le numéro gratuit : 0800 32 123 (Français)

En Flandre c'est la "Zelfmoordlijn" au 1813 (Néerlandais)