"Les échantillons de sang du chauffeur de Sierre ont été détruits"

Les autorités belges ne sont peu enclines à aider les Pays-Bas à obtenir des échantillons de sang du chauffeur du car transportant des écoliers et leurs accompagnateurs qui a percuté le mur d’un tunnel routier à Sierre (photo), en Suisse, en mars 2012, faisant 28 morts et des blessés. Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) précise en outre que ces échantillons ont entretemps été détruits. Le ministère néerlandais des Affaires étrangères veut néanmoins effectuer des démarches pour mettre la main sur les échantillons.

Lundi 13 mars, il y aura exactement cinq ans qu’un car belge transportant des élèves de 6e primaire des écoles Sint-Lambertus à Heverlee (Brabant flamand) et ‘t Stekske à Lommel (Limbourg) - qui rentraient de classes de neige dans le Valais suisse - percutait de plein fouet la paroi d’un tunnel près de Sierre. Sur les 52 occupants du car, 22 élèves, 5 accompagnateurs et le conducteur du car perdaient la vie. L’accident tragique faisait aussi de nombreux blessés. Les victimes étaient tant belges que néerlandaises.

Bien que l’enquête suisse ait été clôturée, le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, demandait en octobre 2016 au gouvernement suisse un échantillon sanguin du chauffeur belge du bus accidenté. Il demandait aussi à la Belgique de soutenir cette démarche.

Mais en réponse à une question parlementaire écrite du député Wouter De Vriendt (Groen), le ministre de la Justice Koen Geens (photo) vient d’indiquer que la requête des Pays-Bas est impossible à satisfaire. Les échantillons de sang du chauffeur ont en effet été détruits.

Dans sa réponse, Koen Geens indique que la Cour suprême suisse a déjà rejeté une demande d'investigations complémentaires, le 27 Juillet 2015, confirmant en appel une décision prise par la cour du canton du Valais du 24 mars 2015. "L'enquête est définitivement close depuis la décision du premier procureur de ce canton le 30 juin 2014", précise Geens.

"L'obtention d'un échantillon de sang d'un tiers à des fins d'enquête est également incompatible tant avec la législation sur l'ADN suisse que la législation belge. La question est également sans objet maintenant que les échantillons de sang prélevés, utilisés dans les études toxicologiques lors de l'autopsie, ont été détruites", conclut Koen Geens.

Défaut génétique ?

Le journal néerlandais Algemeen Dagblad indique cependant que les Pays-Bas n’ont pas l’intention de s’en tenir à cette réponse. Ils veulent entreprendre des démarches juridiques pour obtenir les échantillons. L’information a été confirmée par le ministère néerlandais des Affaires étrangères.

Avec les échantillons, les familles de certaines victimes veulent pouvoir faire analyser si le chauffeur du car ne souffrait pas d’un défaut génétique et aurait fait preuve d’un comportement suicidaire après avoir réduit sa médication.