Budget : le gouvernement doit chercher 313 millions d’euros

Le comité de monitoring évalue l’effort à 313 millions d’euros pour le prochain contrôle budgétaire du gouvernement fédéral. Cet objectif marque traditionnellement le départ des travaux budgétaires, dont la conclusion est attendue d’ici le congé pascal. Mais pour limiter l’effort à ce montant, le gouvernement Michel devra utiliser entièrement sa réserve de sécurité de 2016 d’un montant de 739 millions d’euros. La N-VA plaide pour une économie accrue, estimant qu’il est trop tôt dans l’année pour utiliser tout le matelas.

L'effort à réaliser apparaît moins douloureux que lors d'exercices précédents. Il pourrait cependant évoluer en fonction du fait que le matelas de sécurité de 739 millions d'euros, mis en réserve en 2016, soit affecté en tout ou en partie à l'exercice 2017. Le montant de l'effort, 313 millions d'euros, part du principe que le 'coussin' sera complètement affecté aux politiques budgétaires. Or, les partenaires gouvernementaux soulignent la nécessité de conserver un matelas.

L'effort doit permettre d'atteindre l'objectif d'amélioration du solde structurel de 1,2% entre 2015 et 2017. La dernière actualisation technique du comité de monitoring se fonde sur un environnement économique plus favorable, qui a permis de constater une révision de la croissance du produit intérieur brut (PIB) de 1,2 à 1,4% en 2017, ainsi qu'une amélioration de la situation de l'emploi. Il reste cependant un effort à réaliser en 2017 pour rester dans les clous.

Mais "c'est un montant limité comparé au budget global et au regard des contrôles budgétaires précédents, notamment grâce à la dynamique économique positive insufflée par le gouvernement", a relevé la ministre du Budget Sophie Wilmès (photo). "Les emplois sont là, la dynamique entrepreneuriale se confirme, la consommation reprend. Il est normal qu'on commence à en récolter progressivement les fruits au niveau budgétaire", s'est réjouie Wilmès.

Des groupes de travail se réuniront dès ce samedi, ainsi qu'un comité ministériel restreint. "Le gouvernement travaillera sur cette base tenant compte de la trajectoire budgétaire qu'il veut poursuivre et des exigences de la Commission européenne en termes d'amélioration du déficit structurel, tout en restant attentif à l'évolution de certaines dépenses (asile, menace terroriste) pour lesquelles nous continuerons de plaider pour un traitement particulier auprès de l'Europe", a encore indiqué la ministre.

Conserver un matelas ?

"Le budget reste sous contrôle, avec un déficit structurel qui sera juste en-dessous de la barre du pour cent, la meilleure position depuis la crise de 2008", a souligné le ministre des Finances Johan Van Overtveldt (photo). "Cela est rendu possible grâce au ‘buffer’ de 739 millions d'euros inscrit au budget à mon initiative. Il offre une position plus confortable", a ajouté Van Overtveldt.

Du côté de la N-VA, on estime que la situation au niveau des recettes semble sous contrôle et que l'effort devra essentiellement être porté dans les dépenses, ce qui permettra de maintenir un matelas en réserve. Le parti nationaliste flamand estime qu’il est encore trop tôt dans l’année pour utiliser déjà l’entièreté de la réserve de sécurité constituée en 2016.

Nicolas Maeterlinck