12.000 hectares de forêt vulnérable attendent une protection

La protection promise pour quelque 12.000 hectares de zone forestière vulnérable en Flandre se fait attendre. Une situation que dénonçait la députée Elisabeth Meuleman (Groen) ce lundi matin dans l’émission "De Ochtend" à la VRT. Une solution ne semble pas en vue dans l’immédiat, les partis de la majorité CD&V et Open VLD ne se montrant plus enthousiastes pour ce dossier. La N-VA les rappelle à l’ordre.

Presque tous les députés au Parlement flamand soutenaient, fin 2015, une nouvelle version du Décret forestier. A l’époque déjà, il était décidé de protéger des forêts vulnérables qui se trouvent dans une zone destinée à l’industrie ou à l’habitat. C’était jugé absolument nécessaire il y a près de deux ans, car la Flandre est l’une des régions d’Europe les moins boisées.

Au cours de l’été 2016, une première version d’une carte était dessinée, sur laquelle 12.000 hectares de forêt vulnérable était indiqués. Une fois cette carte approuvée par le gouvernement flamand, le déboisement de ces zones deviendra nettement plus compliqué. Ce ne sera plus possible qu’en cas de dérogation accordée par le gouvernement flamand.

Le dossier traine

Entretemps, le dossier semble être remis aux calendes grecques, se plaint le parti écologiste flamand Groen. "La première version de la carte a suscité toute une série de remarques de la part des administrations", expliquait la députée Elisabeth Meuleman ce lundi dans l’émission "De Ochtend" à la VRT (Radio 1). "L’Agence Nature et Forêt a tenu compte de toutes ces remarques et élaboré une nouvelle carte. Il devrait maintenant y avoir une enquête publique, qui permette aux citoyens et aux administrations communales de communiquer leurs remarques. Mais le gouvernement flamand ne lance pas cette enquête publique".

Ce seraient avant tout le CD&V et Open VLD qui ne sont pas très enthousiastes par rapport à cette carte. "Elle contient trop de fautes. Des rangées d’arbres le long d’une allée ou un terrain en jachère avec quelques buissons sont subitement désignés comme une forêt", explique le député Lode Ceyssens (CD&V).

A Dilsen-Stokkem, dont je suis bourgmestre, nous possédons depuis 2011 un plan d’aménagement du territoire pour un terrain industriel. Les arbres y ont été coupés, mais la carte renseigne encore ce terrain comme un bois protégé", ajoute la députée Lydia Peeters (Open VLD).

Belles paroles

"Il est fort probable que la carte contienne encore des fautes, mais c’est justement pour cela qu’une enquête publique est si nécessaire", répond Meuleman. "Depuis l’adoption du nouveau Décret forestier, quelque 91 dossiers de déforestation ont été approuvés. Cela prouve que la situation est urgente. Le gouvernement flamand avance de belles paroles, mais dès qu’il s’agit de s’exécuter, les motifs budgétaires reçoivent la priorité. Il y aura toujours des entreprises qui veulent encore un peu agrandir, mais à ce rythme-là la Flandre sera déboisée en un temps record".

La N-VA appelle aussi à la protection des bois

La N-VA, partenaire de coalition, est du même avis que Groen, estimant qu’il est temps de mener à bien la protection des zones forestières vulnérables. "C’est un point très important pour nous. Nous l’avons fermement défendu", réagissait le député flamand Wilfried Vandaele dans l’émission "De Ochtend". "Nous avons payé sur le plan politique pour obtenir ce dossier dans l’accord de gouvernement et le faire approuver. Nous n’avons donc pas l’intention de revenir en arrière".

Vandaele met en garde "certains collègues d’Open VLD et du CD&V". Il vise en particulier les députés qui exercent aussi un mandat local, et qui voient des dossiers concrets contrecarrés au niveau local. La N-VA comprend cette situation, mais espère cependant que la ministre Joke Schauvliege "en fera abstraction". "La carte est prête et peut faire l’objet d’une enquête publique", réitère Elisabeth Meuleman (photo).

La ministre de la Nature, Joke Schauvliege (CD&V), n’est pas ravie de la discussion au sein de la majorité. "En ce qui me concerne, je vais proposer la carte au gouvernement flamand, telle qu’elle est actuellement", indiquait la ministre au quotidien De Morgen.