Theo Francken accuse MSF d’encourager le trafic d’êtres humains

Le secrétaire d’Etat à l’Asile et aux Migrations Theo Francken (N-VA) s’en est pris à l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières. Theo Francken a déclaré via le réseau social Twitter que l’organisation ferait mieux de quitter les eaux de la Méditerranée.

Médecins Sans Frontières et le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration Theo Francken ont échangé plusieurs messages acerbes mardi sur Twitter. Le membre du gouvernement a invité l'organisation à quitter la mer Méditerranée, l'accusant de contribuer à la traite des êtres humains et d'encourager l'immigration illégale.

La présidente de l’Open VLD Gwendolyn Rutten a estimé que le secrétaire d’Etat gaspillait son énergie.

Médecins Sans Frontières a expliqué que l’organisation transportait des réfugiés vers l’Italie car la Libye n’était pas un pays sûr. "Sauver des vies humaines, c’est notre travail et c’est ce que nous faisons". Ce à quoi Francken a répondu "Plus vous en sauvez et plus vous causez de morts indirectement".

Le porte-parole de MSF Christof Godderis a déclaré que son ONG était "stupéfaite" par ces déclarations. "Ceci est une attaque en règle contre notre travail humanitaire. Un travail qui aurait dû être fait par les gouvernements européens", a-t-il ajouté. Christof Godderis indique également que MSF a décidé, en juin 2016, de ne plus accepter des subsides de la part du gouvernement belge. L'organisation a agi pour protester contre l'accord sur les réfugiés que l'UE a conclu avec la Turquie.

Médecins Sans Frontières a par ailleurs envoyé une lettre au secrétaire d'Etat pour organiser une réunion et obtenir des explications sur sa position. Elle a également rédigé un tweet en s'adressant au Premier ministre Charles Michel. "Nous regrettons qu'un membre du gouvernement belge nous attaque parce que nous avons sauvé des milliers de vies humaines", écrit MSF.

Depuis, le Premier ministre Charles Michel s'est également exprimé en appelant Theo Francken "à faire preuve de plus de nuance dans sa communication et en l'appelant à respecter le travail humanitaire".