"Deux ans d’état d’urgence en France n’ont pas permis d’éviter des attentats"

Le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) a réagi contre son gré mercredi soir dans l’émission "Terzake" (VRT) à l’appel lancé par le président de la N-VA Bart De Wever pour l’instauration d’un état d’urgence en Belgique. Le ministre a estimé qu’il était déplacé de débattre sur ce sujet précisément le jour des commémorations des attentats de l’an dernier.

Dans une carte blanche, publiée mercredi dans le quotidien Het Laatste Nieuws, le président de la N-VA Bart De Wever a réitéré sa proposition d’instaurer chez nous l’état d’urgence.

Le ministre Geens trouve déplacé que cette proposition soit faite précisément le jour des commémoration des attentats de l’an dernier. Interrogé dans l'émission "Terzake", le ministre a tout de même bien voulu réagir à la demande faite par Bart De Wever. "Je suis contre, et je l’ai dit clairement cet été", a-t-il répété. "La France a décrété l’état d’urgence depuis deux ans. Deux ans et cela a-t-il eu comme effet d’éviter des attentats ?"

"Si nous voulons polariser ce débat, j’aimerais autant que ce ne soit pas aujourd’hui"

Dans sa carte blanche, Bart De Wever préconise aussi une limitation de la liberté d’expression. "Mais cela s’est déjà produit chez nous", précise Koen Geens. "Par la loi du 3 août, nous avons - avec le consentement de tout le gouvernement- limité ce droit lorsqu’il s’agit d’incitation au terrorisme".

Koen Geens reproche aussi à Bart De Wever de vouloir mener une guerre des mots et des concepts. "C’est un jeu que je n’apprécie pas. Je préfère les actes que nous menons après un consensus au sein du gouvernement".

"Et si nous voulons poursuivre une polarisation du débat, alors j’aimerais autant que ce ne soit pas aujourd’hui" a conclu le ministre. Son collègue de l’Intérieur, Jan Jambon (N-VA) a partagé son avis. "Nous pouvons mener la discussion 364 jours par an, mais j’aimerais autant que cette journée se passe dans la sérénité. Nous n’allons pas aborder cette question aujourd’hui au sein du gouvernement".