Le conducteur fou d’Anvers inculpé de tentative d’assassinat à caractère terroriste

Le Français d’origine tunisienne qui a été appréhendé jeudi à Anvers - après avoir roulé à folle allure sur le piétonnier du Meir, sous influence de l’alcool probablement et avec des armes blanches et un fusil à pompe dans le coffre de sa voiture - a été inculpé ce vendredi midi du chef de tentative d’assassinat à caractère terroriste et d’infraction à la législation sur les armes. Un autre suspect a été arrêté. Le parquet souligne qu’il est cependant trop tôt pour dire s’il s’agit d’un acte terroriste.

Le conducteur fou de 39 ans appréhendé jeudi à l’issue de sa course folle en voiture sur le piétonnier anversois a été inculpé ce vendredi midi, par le juge d’instruction, de tentative d’assassinat à caractère terroriste, de tentative de coups et blessures à caractère terroriste et d’infraction à la législation sur les armes. Il a été placé sous mandat d’arrêt.

Un deuxième suspect a été arrêté pour audition. Il s’agirait d’un ami du conducteur fou, résidant à Wommelgem. Les deux hommes se seraient vus lundi et auraient alors consommé des drogues. Le parquet souligne ce vendredi qu’il n’est pas encore certain que le Français d’origine tunisienne ait eu des motifs terroristes. On ne peut donc pas parler, pour l’instant, d’attentat terroriste déjoué. La justice veut d’abord encore analyser les activités du suspect ces derniers jours.

L’arme à feu qui se trouvait dans le coffre de sa voiture était en tous cas partiellement démontée et donc pas immédiatement utilisable. Les enquêteurs n’ont pas trouvé de munitions dans le véhicule. Ces derniers ont d’ailleurs éprouvé de grandes difficultés à questionner l’homme, tant il était sous influence de l’alcool et peut-être aussi de stupéfiants. L’interrogatoire n’a pu commencer qu’à 10h, ce vendredi, et après moins d’une heure le juge d’instruction a décidé de placer l’homme sous mandat d’arrêt.

D’autres arrestations antérieures

Selon des sources françaises, le suspect Mohamed R. était connu des forces de l’ordre pour violences familiales et trafic de stupéfiants, mais pas comme radicalisé. Certaines de ses condamnations indiquent des problèmes récurrents d’abus d’alcool.

Entretemps, il a été révélé que l’homme avait été arrêté récemment à Rotterdam, aux Pays-Bas, et avait reçu l’ordre de quitter le territoire néerlandais.

On a également appris ce vendredi matin que le suspect avait été interpellé mercredi soir et entendu par la police anversoise, après que cette dernière ait reçu l’appel d’une femme ensanglantée en rue. Il s’agissait de l’amie du suspect. Ce dernier n’avait pas de papiers en règle et a reçu alors l’ordre de quitter le territoire. Sa voiture n’avait cependant pas été fouillée mercredi soir.

Conférence de presse controversée

Les partis d’opposition flamands Groen et SP.A estiment que Bart De Wever (N-VA) aurait mieux fait de ne pas donner de conférence de presse jeudi soir à propos du conducteur qui s’était engagé à folle allure sur le Meir et a entretemps été placé sous mandat d’arrêt.

Les parquets fédéral et d’Anvers avaient en effet demandé d’éviter pareille conférence, l’enquête étant toujours en cours. Groen et le SP.A affirment que De Wever n’a fait que semer la panique et mettre la population en danger.