Des pesticides et métaux lourds dans les ruches bruxelloises

L'entreprise sociétale BeeOdiversity a présenté ce lundi les résultats de son étude, effectuée via les abeilles, sur la pollution à Bruxelles. Pour cette étude, BeeOdiversity a analysé des échantillons de pollen et de nectar collectés par les abeilles de onze sites bruxellois différents. Elle y a détecté six métaux lourds et 10 pesticides différents, qui sont donc présents dans la Région de Bruxelles-Capitale.
vide

Pour se nourrir, une colonie d'abeilles est capable de butiner plus de 4 milliards de fleurs par an sur une surface moyenne de 1,5 km de rayon. "Ces pollinisateurs d'exception ramènent ainsi, au sein de la ruche, du pollen et du nectar en provenance de ces fleurs. BeeOdiversity a analysé ces échantillons pour dresser un état de l'environnement sur 11 sites, représentant une surface approximative de 7.000 ha, et deux périodes (mai/juin et juillet/août). Les sites couvrent cinq zones de Bruxelles (Nord, Centre, Ouest, Sud, Est)", explique l'entreprise.

Sur les sept métaux lourds recherchés (chrome, cadmium, plomb, zinc, mercure, arsenic et cuivre), six ont été détectés. Seul le mercure n'a pas été retrouvé. "Trois métaux lourds ont été mesurés à des doses importantes dans les zones Nord et Centre (parfois plus de 30 fois les doses mesurées en zones naturelle et agricole). L'origine de ces métaux lourds doit encore être identifiée", précise BeeOdiversity.

Plus de 500 pesticides ont également été recherchés. Parmi ceux-ci, dix ont été détectés, dont notamment des fongicides, herbicides et insecticides. "C'est deux fois moins que ce qui pourrait être retrouvé en zone agricole ou viticole, mais nettement supérieur à ce qui est retrouvé en zone naturelle. Certains pesticides détectés dans l'étude exploratoire étaient non autorisés ou à des doses au-delà des limites maximales de résidus", souligne l'entreprise.

En juillet et août, plus de 90 espèces végétales ont été identifiées, ce qui témoigne toutefois de la diversité végétale de la capitale.

BeeOdiversity, qui a mené cette étude grâce à la collaboration d'entreprises privées, conseille aux particuliers de renoncer aux traitements phytosanitaires dans leurs jardins et potagers. Elle envisage également d'organiser des ateliers en collaboration avec des agriculteurs pour favoriser des pratiques durables, comme le semis de plantes indigènes fleurissant en début de saison.