L’abattoir controversé de Tielt veut accroître sa capacité

L’abattoir de Flandre occidentale au sein duquel des images de maltraitance animale (photo) ont été filmées et diffusées par Animal Rights, ce qui a incité le ministre du Bien-être animal Ben Weyts à lui retirer sa licence d’exploitation la semaine dernière, avait sollicité une extension de son site avant la suspension imposée de ses activités. L’entreprise espérait faire passer sa capacité annuelle d’abattage de 1,5 à 2,5 millions de bêtes, indique ce mardi le quotidien flamand Het Laatste Nieuws.

Le 23 mars dernier, le ministre flamand du Bien-être animal Ben Weyts (N-VA) décidait de retirer la licence d'exploitation à l'abattoir de Tielt, suspendant ainsi ses activités jusqu'à nouvel ordre. Le ministre prenait cette décision après la diffusion des images de maltraitances de porcs tournées en caméra cachée par l'organisation Animal Rights.

Le ministre Weyts (photo) a estimé que ces images étaient "épouvantables" et "totalement indignes d'une société civilisée". Une équipe d'inspection a été envoyée dans cet abattoir. Entretemps, la presse flamande révèle ce mardi que l’abattoir avait introduit une demande d’extension de son site, pour pouvoir augmenter sa capacité annuelle d’abattage, la faisant ainsi passer de 1,5 à 2,5 millions de porcs.

"Cette extension figure dans le rapport d'incidences sur l'environnement qui a été provisoirement approuvé en janvier par la province", a indiqué le premier échevin de Tielt Simon Bekaert (SP.A), en charge de l'Aménagement du territoire. "Ce rapport est déposé en marge d'un nouveau plan provincial d'exécution spatiale (PRUP) que l'abattoir a sollicité en vue de s'agrandir."

La ministre flamande de l'Environnement, Joke Schauvliege (CD&V), précise qu'elle ne peut que suspendre un tel plan provincial. "Mais pas le casser ou le rejeter", a fait savoir son porte-parole. De plus, une suspension ne peut être ordonnée que s'il apparaît l'un ou l'autre manquement sur le plan légal, par exemple si le plan est en contradiction avec le plan régional d'exécution spatiale (RUP).

Pétition pour la fermeture de l’abattoir

La pétition lancée jeudi dernier par Animal Rights pour réclamer la fermeture définitive de l’abattoir, à la suite des preuves filmées de maltraitance de porcs, a entretemps déjà récolté 130.000 signatures.

L’organisation qui défend les droits de animaux projette de remettre cette pétition d’ici peu au ministre flamand compétent dans le domaine, Ben Weyts.

Le 3 avril à 10h, Animal Rights organisera une manifestation devant l’abattoir de Tielt, pour réclamer également sa fermeture définitive. Michel Vandenbosch, président de l’organisation flamande de défense des animaux GAIA, devrait notamment y prendre la parole.