Stade national: Ghelamco étonné par le refus de Weyts

La société Ghelamco se dit étonnée par les déclarations du ministre flamand Ben Weyts, qui a indiqué mardi ne pas être disposé à vendre les deux terrains nécessaires pour réaliser le Stade national (Eurostadium) sur le Parking C du Heysel à Grimbergen.

Selon Ghelamco, les procédures sont actuellement toujours en cours. "Disqualifier une procédure d'appel comme 'inutile' est incompréhensible, d'autant plus dans cette situation", estime le promoteur immobilier.

Les deux terrains appartiennent à l'Agence flamande des voiries et de la mobilité. Celle-ci avait donné en 2015 son accord de principe et avait indiqué que Ghelamco pouvait l'ajouter à son offre finale dans la procédure d'attribution du marché.

"Début mars 2017, le ministre Weyts a déclaré qu'il ne prendrait une décision concernant la vente des terrains après que toutes les procédures sont terminées", indique Ghelamco, qui souligne que ce n'est certainement pas encore le cas. "Au contraire, même. Le sentier vicinal n'est pas encore formellement supprimé, ce qui fait que la décision concernant le permis de bâtir ne peut être que négative.  Une raison de plus pour Ghelamco d'aller en appel."

L'entreprise souligne encore avoir demandé à plusieurs reprises que les autorités compétentes fassent leur travail "en toute indépendance", dans le respect des procédures et législations. "Ghelamco a toujours respecté les procédures et continuera à le faire."

Pascal Smet : "Un refus infantile"

Le refus du ministre flamand de la Mobilité Ben Weyts (N-VA) de céder deux terrains nécessaires à la construction du stade national (Eurostadium) sur le plateau du Heysel, à Grimbergen (Brabant flamand), est infantile, a lancé mercredi son homologue bruxellois Pascal Smet (SP.A), interrogé sur Bel-RTL.

Pascal Smet rappelle que "la Flandre, avec la Belgique, la Wallonie et Bruxelles", a soutenu la candidature belge pour l'organisation du championnat d'Europe de football, et que cela impliquait la construction d'un stade.

"Ce stade est meilleur en termes de mobilité que le stade Roi Baudouin", soutient Pascal Smet, en dénonçant au passage un "jeu de politique politicienne" dans lequel "Ben Weyts a choisi la carte d'une Flandre contre Bruxelles".

Quant à l'attitude d'Ecolo-Groen, Pascal Smet souligne que le gouvernement précédent, dans lequel siégeaient les Verts, avait aussi pris une décision favorable au nouveau stade.
 

"Il n’existe pas de plan B"

La rénovation du Stade Roi Baudouin pour accueillir l'Euro 2020 de football coûterait aussi cher que la construction d'un nouveau stade, a indiqué mardi le bureau d'experts néerlandais The Stadium Consultancy, mandaté par Ghelamco, le promoteur de l'Eurostadium sur le parking C du Heysel.

Le coût de l'opération atteindrait 300 à 400 millions d'euros, d'après l'étude.

Le dossier de candidature introduit par l'Union Royale Belge des Sociétés de Football-Association (URBSFA), la Ville de Bruxelles et la Région de Bruxelles-Capitale se base sur la construction d'un nouveau stade afin d'accueillir des matchs de groupe ainsi qu'un huitième de finale de l'Euro 2020. Le projet prévoit 60.000 places assises contre les 50.000 exigées par l'UEFA, rappelle Ben Veenbrink du bureau The Stadium Consultancy.

D'après l'étude, dix raisons démontrent l'inadéquation du Stade Roi Baudouin avec les exigences de l'UEFA, notamment sa capacité totale de 45.000 places et ses seules 16.563 places qui satisfont aux standards européens.

Une nouvelle construction de 300 à 400 millions d'euros est nécessaire pour rénover le stade afin d'accueillir l'Euro 2020, selon The Stadium Consultancy. Le bureau craint également un modèle inefficace avec des coûts opérationnels plus élevés et des revenus d'exploitation à la baisse. Le processus d'obtention des permis prendra également jusqu'à deux ans, selon son analyse. "Dans le meilleur des cas, la construction pourra démarrer à la mi-2019", indique Ben Veenbrink. "Il ne restera qu'un an avant l'Euro 2020 alors que de tels projets nécessitent au moins deux ans de travaux."

Il n'existe donc pas de plan B à la construction du stade national, selon le bureau d'experts. Le chef de file de la N-VA au Parlement bruxellois Johan Van den Driessche et le membre du conseil communal de Grimbergen Philip Roosen ont rapidement mis en doute la crédibilité des conclusions du bureau d'experts. "Cette étude est une tentative de réanimation désespérée des supporters de l'Eurostadium", ont-ils réagi. Ils réclament une étude indépendante.