"Les lois de ce pays priment sur les règles religieuses"

Le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts (N-VA) regrette la réaction de l’Exécutif des Musulmans de Belgique qui a rejeté l’accord intervenu mercredi au sein de la majorité sur l’interdiction d’abattage sans étourdissement. "Les règles doivent être respectées par tout le monde, quelle que soit la personne ou de croyance. En fin du compte ce sont les hommes politiques qui décident et pas les communautés religieuses et notre décision sera appliquée en toute sérénité" a déclaré le ministre mercredi soir lors de l’émission "Van Gils en Gasten"(VRT).

L'Exécutif des musulmans de Belgique n'a pas approuvé la note du médiateur flamand dans le dossier de l'abattage sans étourdissement. Les musulmans ont le souci de pouvoir manger de la nourriture "halal", c'est-à-dire une nourriture conforme à leurs rites, dit encore l'Exécutif.

Dans cet esprit, le Conseil des théologiens de l'Exécutif a émis un avis défavorable à l'étourdissement. "Sa position reste inchangée à ce jour". Il se dit néanmoins prêt "à étudier toutes les pistes pouvant mener à une amélioration du bien-être animal, en diminuant autant que possible la souffrance animale".

"Je regrette cette réaction, mais je peux la comprendre. Ce n’est pas évident lorsqu’on change les habitudes de quelqu'un du jour au lendemain. "Tous ces rites et ces traditions très anciennes devront prendre fin à partir du 1er janvier 2019. Pour nous ce serait difficile aussi. D’autre part, nous avons initié un dialogue qui est à présent arrivé à son terme. C’est à présent le moment d’agir. C’est à nous, en tant qu’hommes politique, de prendre les décisions c’est pour cela que nous sommes élus" a encore déclaré le ministre.

Concrètement, Ben Weyts souligne qu’il appliquera bien sa décision. "Avec tout le respect et en toute sérénité nous allons faire ce que nous avons décidé. Nous allons faire appliquer ces règles qui sont évidemment valables pour tout le monde. Je sais qu’au sein de l’Exécutif des Musulmans on respecte l’Etat de droit démocratique. Si le Parlement vote des lois, alors elles doivent être respectées par tout le monde, quelle que soit la personne quelle que soit sa foi. Point à la ligne".

Vous pouvez initier un dialogue avec la société civile et avec les communautés religieuses, mais ce ne sont pas ces communautés qui prennent les décisions. En fin de compte, c’est nous qui décidons. C’est ça la démocratie. J’ai été élu pour prendre des décisions au nom du peuple et je le fais. Il faut bien sûr le faire dans le respect et la sérénité, c’est la raison pour laquelle nous avons organisé un dialogue préalable, mais au bout du compte il faut bien prendre une décision.
 

"Les lois de ce pays priment sur les règles religieuses"

Le ministre président Geert bourgeois (N-VA) insiste sur le fait que le Parlement poursuivra la décision malgré le rejet de l’Exécutif des Musulmans de Belgique.

"Ils se sont basés sur un avis du conseil des théologiens datant de 2010. J’espère que les opinions ont évolué là aussi. J’estime que nous devons poursuivre le dialogue avec la Communauté juive également. Mais nous devons être très clair et dire à tous les concitoyens en Flandre - cela fait d’ailleurs partie des cours de citoyenneté – les lois de ce pays priment sur toutes les règles religieuses. Cette décision constitue une avancée en ce qui concerne le respect du bien-être animal, tout en respectant la religion. C’est dommage qu’il y ait une telle réaction (ndlr de l’Exécutif) à cette décision mais nous devons poursuivre la discussion".