Plus d’un travailleur sur dix veut changer d’emploi à court terme

Si l’on en croit l’étude annuelle du spécialiste des ressources humaines Securex, relative à la rotation du personnel sur le marché du travail en Belgique, 11% des travailleurs avaient l’intention de changer d’emploi à court terme l’an dernier, contre 9% en 2015. A long terme, 20% des travailleurs souhaitent quitter leur emploi pour un autre. C’est 5% de plus qu’en 2015.

Il s'agit surtout des jeunes trentenaires (30-34 ans) qui rêvent de nouveaux horizons: 23% d'entre eux déclarent avoir l'intention de changer d'employeur à court terme et 26% à long terme. A côté de cela, 13,5% des travailleurs très qualifiés pensent également franchir le pas, à l'inverse des moins qualifiés (8,9%).

"L'intention de changer d'employeur n'équivaut pas forcément au fait de franchir le pas. L'énergie nécessaire fait souvent défaut pour passer à l'acte", nuance cependant Emely Theerlynck, experte en recherches sur les ressources humaines. "Les travailleurs estiment qu'ils ont peu de chances de retrouver un emploi similaire (...). L'accompagnement de carrière peut constituer un instrument puissant pour conseiller les travailleurs dans cette transition."

En 2016 cependant, employeurs et travailleurs sont restés remarquablement fidèles l'un à l'autre. Seuls 4% des travailleurs avec un contrat à durée indéterminée ont dû quitter leur employeur et à peine 5% ont quitté leur emploi de leur propre initiative.

Une plus grande mobilité a pourtant été observée au niveau des contrats à durée déterminée, avec 9% des travailleurs qui ont vu leur contrat prendre fin en 2016. Cette augmentation s'explique par le fait que de nombreux contrats de ce type ont été conclus ces dernières années. L'enquête ne précise toutefois pas si les travailleurs se voient proposer un nouveau contrat temporaire et/ou fixe après la fin de leur contrat à durée déterminée ou si la collaboration prend fin.

L’avenir devient plus incertain

Dans le même temps, l'insécurité par rapport à l'avenir augmente: 30% des personnes interrogées craignent de perdre leur emploi en 2017, contre 20% en 2013. Cette crainte est surtout présente chez les 25-29 ans (37%). Et à juste titre.

Il ressort en effet des chiffres objectifs que les 25-29 ans subissent une rotation involontaire plus élevée que les travailleurs plus âgés, selon Emely Theerlynck. Près de 20% d'entre eux ont ainsi dû quitter leur employeur ou ont vu leur contrat prendre fin, contre 13% en moyenne dans les autres catégories d'âge.

Les conclusions de l'étude sur la rotation du personnel en 2016 se basent sur un échantillon de 92.016 travailleurs belges du secteur privé. Pour les données concernant les intentions de départ, la collecte s'est déroulée en janvier 2017 auprès de 1.500 travailleurs environ.