La majorité flamande critique Homans sur la mosquée de Beringen

La ministre flamande des Affaires intérieures, Liesbeth Homans (N-VA), a répondu aux questions sur sa décision de retirer la reconnaissance de la mosquée Fatih à Beringen. Opposition et partenaires de coalition n’ont pas été tendres avec elle.

La semaine dernière, la ministre flamande Homans a indiqué qu’elle avait démarré la procédure visant à retirer la reconnaissance de la mosquée Fatih à Beringen (Limbourg), la seconde plus grande mosquée du pays. La ministre avait assuré avoir fondé sa décision sur des informations de la Sûreté de l'État. Mais cette dernière a alors démenti que son rapport était à l’origine des conclusions tirées par la ministre.

La ministre N-VA a du venir lundi s’expliquer sur la question devant une commission spéciale au Parlement flamand. Jaak Raes, directeur général de la Sûreté de l’État, est également venu apporter des éclaircissements sur le rapport en question, mais à huis clos.

Lors de l’audience, Bart Somers, chef de file de l’Open VLD, a demandé avec insistance à la ministre de "communiquer avec plus de prudence" sur les rapports de la Sureté de l’État. Son collègue Jean-Jacques De Gucht (Open VLD) estime quant à lui que la "crédibilité" de la ministre est affectée.

Koen Van den Heuvel, également partenaire de coalition (CD&V), a demandé à la ministre de "lire correctement" les rapports : "J’ai l’impression que madame Homans utilise les rapports de la Sureté de l’État d’une manière qui lui permette de faire valoir ses arguments." Selon lui, elle préfère en faire un jeu politique plutôt que de s’attaquer à la polarisation dans notre société.

Homans : "Je n’ai reçu qu’une réponse sur cette mosquée"

Opposition et majorité ont également demandé à la ministre pourquoi elle ne ferme que celle de Beringen alors que 13 mosquées en Belgique font partie de Diyanet, le réseau lié au président turc Erdogan dans lequel on ferait de la propagande politique pour le régime turc.

Jean-Jacques De Gucht a qualifié la décision de Homans de "politique de réaction à chaud" et plaide pour une "approche intégrale", car "cela manque pour l’instant". Le CD&V argue également en faveur d’une "approche globale" du problème autour des mosquées pro-Erdogan "grâce à laquelle les autorités locales et la communauté entrent en dialogue".

Liesbeth Homans ne démord cependant pas qu’elle a de bonnes raisons pour ne pas continuer à reconnaitre la mosquée de Beringen : "J’ai posé une question très concrète à mon collègue fédéral de la Justice, Koen Geens (CD&V), et j’ai reçu une réponse très concrète de 2,5 pages dans laquelle deux passages traitaient de cette mosquée particulière alors que j’avais posé une question sur toutes les mosquées." En outre, la Sûreté de l’État n’a pas encore présenté de rapport sur les 12 autres mosquées, explique la ministre.

"On peut et doit faire mieux"

"La conclusion du CD&V, c’est que l’on peut et doit mieux faire", explique Koen Van den Heuvel. "Nous allons continuer à suivre ce dossier." Pour Jean-Jacques De Gucht, la ministre peut continuer à exercer ses fonctions tout en nuançant : "Je m’attends tout de même à ce qu’elle mette en place une politique intégrale qui stimule l’intégration."

Le politologue Carl Devos commente : "Nous savions déjà que l’opposition allait réagir avec force, mais la question était de savoir comment les partenaires de coalition allaient réagir. Ils ont été bel et bien été durs, mais, pour le reste, je ne pense pas qu’on ait discuté de beaucoup de thèmes fondamentaux."