Trois suspects arrêtés à Barcelone étaient présents en Belgique le 22/03

Certains suspects arrêtés mardi lors d'une vaste opération antidjihadiste à Barcelone étaient présents en Belgique quelques jours avant les attentats du 22 mars de l’an dernier, ils auraient aussi été en contacts avec les auteurs des attentats. Le 22 mars 2016, ils étaient encore présents à Zaventem. L'information a été confirmée de bonne source à la VRT.

Neuf personnes dont quatre liées à des suspects interpellés dans l'enquête sur les attentats de mars 2016 à Bruxelles (32 morts) ont été arrêtées mardi lors d'une vaste opération antidjihadiste à Barcelone (nord-est de l'Espagne), à laquelle a participé la police fédérale belge.

"Les neuf personnes interpellées, tous des hommes entre 30 et 40 ans, un de nationalité espagnole et le reste de nationalité marocaine, ont été arrêtées pour appartenance à une organisation terroriste", a annoncé un communiqué des Mossos d'Esquadra, la police de la région de Catalogne.

L'opération, menée tôt ce mardi matin à Barcelone et ses alentours par la police catalane, la police nationale espagnole et la police fédérale belge, visait "un présumé groupe djihadiste avec des connexions internationales", a déclaré Jordi Jané, chargé de la sécurité au gouvernement régional de Catalogne, à la radio Rac1. Il n'y a pas "d'indices clairs" de leur éventuelle intention de commettre un attentat en Espagne, a-t-il ajouté.

Parallèlement, des perquisitions ont été menées au Maroc par la police marocaine accompagnée des polices espagnole et catalane sur commission rogatoire de l'Audience nationale, haut tribunal basé à Madrid et chargé des affaires complexes, notamment de terrorisme, qui coordonne l'opération.

"Quatre détenus ont des liens avec des personnes interpellées pour les attentats" de Bruxelles, a déclaré à l'AFP un porte-parole des Mossos d'Esquadra, tandis que le porte-parole de l'Audience nationale évoquait "au moins trois (qui) pourraient être liés aux personnes qui ont commis les attentats en Belgique."

Certains membres de ce groupe pourraient "avoir participé ou collaboré à des actions passées" et "s'être rendus en Belgique", a aussi précisé Jordi Jané. On ignore toutefois à ce stade s'ils avaient une "implication directe", a dit pour sa part le porte-parole des Mossos d'Esquadra à l'AFP.

Des armes à feu, du matériel informatique, de l'argent et des stupéfiants ont été saisis lors de la douzaine de perquisitions dans les communes de Barcelone, L'Hospitalet de Llobregat, Santa Coloma de Gramenet, Ripollet, Cornellà de Llobregat et Masquefa, toutes situées dans la province de Barcelone.

Les détenus, qui résidaient pour la plupart en Catalogne depuis plus de 20 ans, devraient être déférés à l'Audience nationale jeudi. Ils sont soupçonnés d'appartenance à une organisation terroriste, et d'appartenance à une organisation criminelle, selon le communiqué des Mossos d'Esquadra, qui évoque aussi des soupçons de trafic de drogue, vols avec violences, possession d'armes et blanchiment d'argent.

"La grande majorité avait des antécédents pour de la délinquance commune et des activités liées au crime organisé", selon le communiqué de la police catalane.

De 2012 à octobre 2016, selon le ministère espagnol de l'Intérieur, 186 personnes ont été arrêtées en Espagne en lien avec le terrorisme djihadiste, dont 63 en Catalogne et 50 pour la seule province de Barcelone, le total le plus élevé.

Des contacts avec les frères Atar

Certaines sources révèlent que trois des suspects se sont rendus en Belgique quelques jours avant les attentats du 22 mars. Ils auraient été repéré une première fois le 16 mars, un jour après l’attaque dans une maison de la rue de Dries à Forest, dans laquelle se trouvait Salah Abdeslam et des complices.

Les suspects auraient aussi eu des contacts téléphoniques avec les auteurs des attentats et auraient même été aperçu à Zaventem, le 22 mars, juste avant l’attentat.

On ignore encore actuellement si les trois suspects étaient au courant de ce qui se préparait. Mais ils avaient complètement disparu depuis le 22 mars.

Des contacts auraient été établis avec Yassine Atar, le jeune frère d’Oussama Atar, le neveu des frères El Bakraoui. Yassine Atar a été arrêté le 27 mars 2016 et est toujours emprisonné pour ses liens avec les auteurs des attentats de Bruxelles. Son frère Oussama est toujours en fuite et est considéré comme un des organisateurs des attentats de Bruxelles et Zaventem.

La juge belge qui instruit l'enquête sur l'attentat à l'aéroport de Bruxelles a trouvé des liens entre les responsables présumés de l'attentat et des Marocains résidant en Catalogne", a déclaré un porte-parole de l'Audience nationale.