Charles Michel : "Si c'était à refaire nous voterions contre l'Arabie Saoudite"

Le Premier ministre Charles Michel a regretté jeudi à la Chambre le vote de la Belgique en faveur de l'entrée de l'Arabie Saoudite dans la commission des droits des femmes de l'ONU. "Si c'était à refaire, le gouvernement aurait plaidé pour qu'il n'y ait pas le soutien (à l'Arabie Saoudite), il n'y a aucune ambiguité là-dessus. J'ai donné des instructions afin qu'à l'avenir l'appréciation politique de ce type de dossier ait lieu au plus haut niveau", a-t-il dit.

Le Premier ministre a évoqué un concours de circonstances fâcheux à l'origine de ce vote, traditionnellement pas requis. Il y a eu un délai de "quelques heures" entre le moment où le ministère a été mis au courant et celui où la réponse devait être communiquée, a précisé le chef du gouvernement, le vote ayant été exprimé par un diplomate.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, est sur la sellette alors qu'il a indiqué mercredi à la Chambre qu'il n'était "pas au courant de la question d'un vote". Pour le groupe PS, il s'agit d'un "mensonge" qui appelle une "démission".

Ce vote a provoqué de nombreuses critiques dans les rangs de l'opposition. "Un vote positif de la Belgique est tout simplement choquant et un coup dans l'estomac de tout qui se bat pour les droits de la femme", a dit Wouter De Vriendt. Le ministre "Reynders n'ose pas provoquer l'Arabie Saoudite, et ce faisant, il légitimise les violations des droits de la femme. A l'échelle du monde ce pays est l'exemple de ce qu'il ne faut pas faire. Les femmes y sont victimes de discrimination systématique", a-t-il expliqué.

Mais même les partis de la coalition ont exprimé leur désaprobation.

La N-VA propose d’ignorer toutes les recommandations de la commission des droits de la femme des Nations Unies dont fait à présent partie l’Arabie Saoudite. Le chef de groupe N-VA Peter de Roover estime que tous les pays européens auraient dû voter contre l’adhésion de l’Etat salafiste à cette commission.

Le vice-premier ministre Open VLD et ministre de la Coopération, Alexander De Croo, n’aurait jamais approuvé l’entrée de l’Arabie saoudite dans la commission des Nations Unies pour les droits des femmes, ni donné une instruction en ce sens, a-t-il indiqué jeudi.