Les universités flamandes veulent attirer plus d'étudiants allochtones

Les universités de Louvain et Anvers projettent de faire des efforts accrus pour attirer dans leurs auditoires davantage de jeunes issus de l’immigration. "Les universités doivent refléter la population. Pour attirer plus d’étudiants immigrés, nous devons travailler à la carte : voir à qui nous avons à faire et comment nous pouvons au mieux les accompagner", indique le recteur de la KU Leuven. "Les étudiants doivent se sentir chez eux ici", estimait Rik Torfs dans l’émission "De Ochtend" sur Radio 1 (VRT), ce mardi matin.

Les jeunes issus de l’immigration sont nettement sous-représentés dans les universités de Flandre. A l’Université Catholique de Louvain (KU Leuven), ils représentent 11,2% de la population estudiantine, à l’Université de Gand (UGent) quelque 14,4% et à l’Université d’Anvers seulement 9%. Alors que dans la catégorie des 18 à 19 ans en Flandre près de 25% des jeunes sont de la première ou la deuxième génération d’immigrés.

Les universités font déjà beaucoup d’efforts pour attirer les jeunes issus de l’immigration dans leurs auditoires. Elles ont ainsi recours à des mentors, qui accompagnent leurs collègues étudiants allochtones, ou elles choisissent des étudiants modèles qui se rendent dans les écoles pour parler aux adolescents. Mais ce n’est pas assez, estime le recteur de la KU Leuven. "Nous constatons que les jeunes d’origine étrangère hésitent encore toujours à s’inscrire à l’université, estimant que ce n’est pas pour eux. Cela m’inquiète beaucoup", confiait Rik Torfs (photo).

Le recteur louvaniste prône donc un mécanisme de "push and pull". "En tant qu’université, nous nous rendons dans les écoles secondaires pour encourager activement les jeunes des 5e et 6e années à s’inscrire à l’université. Mais il est aussi important pour nous d’envoyer des étudiants d’origine étrangère comme modèles dans les écoles".

NICOLAS MAETERLINCK

"Les étudiants doivent se sentir chez eux ici"

Rik Torfs souligne que son université mène une politique inclusive et ne s’adresse donc pas seulement aux étudiants d’origine étrangère, mais aussi aux étudiants avec un handicap, et aux " pionniers", c’est-à-dire ceux qui sont les premiers de leur famille ou leur entourage à se rendre à l’université.

"Nous ne pourrons considérer que nous avons atteint le but que quand les chances de réussite des étudiants non-traditionnels seront les mêmes que celles des autres. Nous devons travailler à la carte : voir à qui nous avons à faire et comment les aider au mieux".

Le recteur de l’Université d’Anvers (photo), Herman Van Goethem, entend aussi faire donner davantage de cours de rattrapage aux élèves du secondaire par de jeunes étudiants. "Et quand les élèves arriveront dans notre université, il faut qu’ils s’y sentent bien. Nous devons les encourager à prendre part à la vie associative, leur proposer des repas halal dans nos restaurants universitaires".

Un avis que partage Rik Torfs. Le recteur de la KU Leuven estime néanmoins qu’on ne peut fixer un pourcentage d’étudiants allochtones à atteindre. "Je peux dire avant tout que nous mettons toute notre énergie pour arriver au but que nous nous sommes fixé et que nous sommes très ambitieux dans nos efforts".