Un ouvrage sur l’incendie de l’Innovation démonte la théorie du complot

"L'incendie de l'Innovation" est le premier ouvrage scientifique sur le drame survenu il y a 50 ans, rue Neuve à Bruxelles. Basé sur le travail de l'historien de la KU Leuven, Siegfried Evens, le livre de 450 pages est sorti samedi en néerlandais et la traduction française sortira le 15 juin prochain. Cet ouvrage comporte de nombreuses illustrations inédites de la catastrophe et démonte aussi la théorie d’un complot qui avait circulé à l’époque.

Durant de longues années un doute persistait toujours sur le nombre exact de victimes. En effet les corps calcinés ne pouvaient être identifiés car, à l’époque, on ne disposait pas encore des connaissances suffisantes pour exploiter l’ADN des victimes.

Selon le décompte de l'auteur, qui a eu un accès total aux documents de la Justice et des pompiers, 251 personnes sont mortes et 62 ont été blessées dans l'incendie qui a eu lieu le 22 mai 1967 vers midi.

Siegfried Evens a aussi rencontré une vingtaine de survivants, dont certains sont encore particulièrement marqués par le drame.

De manière scientifique, l’auteur détaille comment une étincelle d'un tube luminescent a fait exploser le gaz qui s'était accumulé dans les faux plafonds situés au-dessus des rayons de vêtements pour enfants.

Une "semaine américaine" se tenait à l’Innovation au moment de l’incendie et des militants communistes avaient manifesté une semaine avant, contre la guerre du Vietnam et l’intervention américaine. A l’époque une des causes envisagée était celle d’un attentat commis par des militants d’extrême gauche mais l'enquête avait été classée sans suite en septembre 1970.

L'historien évoque cette théorie du complot communiste. Cette thèse "aurait pu être plausible en temps de Guerre froide, mais elle a désormais été totalement démentie".

Siegfried Evens souligne enfin l'énorme impact que la catastrophe a eu sur la société belge et notamment en matière de prévention des incendies. C’est ainsi que l'article 52 du règlement du travail impose depuis aux grandes surfaces des systèmes d'arrosage automatique, implantés dans les plafonds.