"Une opportunité de ré-enchanter le projet européen"

Plusieurs responsables politiques belges ont réagi dimanche soir à l’élection d’Emmanuel Macron (photo) à la présidence française, soulignant notamment l’engagement du fondateur du parti centriste En Marche ! pour un projet européen renouvelé. Le Premier ministre Charles Michel (MR) estime que ce résultat constitue "le triomphe d’un rejet clair d’un projet de repli dangereux pour l’Europe", après aussi la victoire de Mark Rutte aux Pays-Bas et l’effondrement du parti Ukip aux élections locales en Grande-Bretagne.
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Pour Charles Michel (photo), la victoire d'Emmanuel Macron "doit être une opportunité pour rassembler toutes les bonnes volontés, afin de ré-enchanter le projet européen".

Le Premier ministre belge a lancé, par ailleurs, une invitation au nouveau président pour une rencontre officielle à Bruxelles ou à Paris, dans le but de "formaliser concrètement un ensemble de propositions qui doivent permettre de consolider et renforcer le projet européen alors qu'il est confronté à de nombreux défis".

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De son côté, le président du PS Elio Di Rupo (photo archives) a souligné le "soulagement de tous les progressistes" et a appelé à faire partout "barrage à l'extrême droite et à ses idées nauséabondes", projet qui passe "par un nouveau projet pour l'Union européenne", a ajouté l’ancien Premier ministre Elio Di Rupo.

Benoît Lutgen, président du cdH a tenu à encourager le nouveau président. "Félicitations à Emmanuel Macron! Soulagement et espoir, énormes défis en perspective. Bon travail! ", a-t-il écrit sur Twitter.

Les co-présidents d'Ecolo ont, eux, insisté sur la réponse qui reste à donner pour lutter à long terme la montée de l'extrême droite. Zakia Khattabi a félicité les Français qui ont choisi de barrer la route à Marine Le Pen. "Le pire est évité. Il est temps de faire bouger les lignes et d'éviter de nouvelles frayeurs dans cinq ans", a-t-elle écrit. "La menace est passée pour cette fois. L'audace politique l'a emporté. Demain tout commence", a estimé, en écho, son collègue Patrick Dupriez.

"Un avenir européen"

En Flandre, le président du CD&V Wouter Beke a estimé que les Français avaient fait une bonne affaire. Emmanuel Macron "apporte les solutions dont le pays a besoin". Macron est un homme du centre, s'est réjoui le parti démocrate-chrétien flamand, qui précise qu'il croit en l'Europe. Avec lui et Angela Merkel "l'axe franco-allemand peut avoir un nouvel élan. Ce qui est nécessaire".

De son côté la présidente d’Open VLD Gwendolyn Rutten (photo) a félicité sur Twitter, le nouveau président. "Après le Luxembourg, la Belgique et les Pays-Bas, la France à son tour a fait le choix d'un avenir libéral, optimiste et européen".
Dans un rare message de félicitations le Palais royal, qu'on n'avait pas entendu par exemple lors de l'élection de Donald Trump aux Etats-Unis, a adressé ses "félicitations" à Emmanuel Macron. "La majorité des Français s'est prononcée pour une #France dans l'#Europe", pouvait-on lire sur le compte Twitter du Palais.

Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders (MR), ne disait pas autre chose, fixant au nouveau président français un rendez-vous. "A bientôt pour relancer le projet européen", écrivait Reynders.

"Une vision d’avenir" - "Il n’incarnera pas de changement"

Dans son émission "Terzake", la VRT confrontait dimanche soir l’ancien commissaire européen au Commerce, Karel De Gucht (Open VLD), et le député européen Gerolf Annemans (Vlaams Belang), proche de Marine Le Pen.

Karel De Gucht (photo archives) a estimé qu’avec Emmanuel Macron, "les Français ont clairement choisi un candidat qui est un défenseur de l’Union européenne et qui veut y jouer un rôle. Les projets de Marine Le Pen de sortir de l’Union monétaire étaient irréalisables". De Gucht considère la victoire du candidat centriste comme un signal optimiste pour la pensée européenne.

"Il est remarquable que Macron, en tant que candidat de 39 ans sans parti, parvienne à rassembler autant de citoyens autour de son projet d’avenir. Ces élections ont été remportées par le candidat de l’avenir. Il a une opinion claire et s’est détaché de l’establishment français, qui parle depuis 30 ans déjà de la même chose, et de lui-même".

Le député européen Gerolf Annemans (photo archives), membre du parti d’extrême-droite flamand et un ami personnel de Marine Le Pen, n’est pas d’accord sur ce point avec Karel De Gucht. "Le Pen avait théoriquement la possibilité de devenir présidente, mais le système français est construit de telle sorte que le challenger ne peut jamais devenir président. Macron est la continuation de la continuité. Il a été soutenu par tous les autres candidats, par Barack Obama, Angela Merkel, les institutions financières. Il ne personnifiera pas un changement. Les cinq ans à venir ne seront pas différents de ceux de François Hollande".

D’après Annemans, c’est justement Le Pen qui symbolise une vision d’avenir. "Elle dit clairement que l’Union européenne ne peut continuer à exister sous sa forme actuelle. Elle est combative et sait de quoi elle parle. Dix millions de Français ont voté pour son programme d’avenir".

Karel De Gucht considère que le premier défi attend Macron dès les élections parlementaires du mois prochain. "Il devra présenter un programme. Il devra prouver qu’après avoir gagné les élections, il sait aussi diriger la France. Et ce n’est pas le pays le plus facile au monde".