Trois suspects sous mandat d’arrêt après les perquisitions chez Jost

Dans le cadre de la série de perquisitions menées lundi en Belgique et à l’étranger au sein d’une vingtaine d’implantations de l’entreprise de transport Jost International (photo), quatre personnes avaient été interpellées. Trois d’entre elles ont maintenant été placées sous mandat d’arrêt. Il s’agit de l’administrateur délégué Roland Jost et de deux cadres de la société. Jost est soupçonné de fraude sociale et de traite d’êtres humains, mais réfute les accusations.

Le parquet fédéral indique ce mardi que trois des quatre personnes interpellées lundi à la suite d’une vingtaine de perquisitions ont été placées sous mandat d’arrêt. Elles comparaîtront dans les cinq jours devant la chambre du conseil de Liège. La quatrième personne privée de liberté lundi reste inculpée, mais a été remise en liberté sous conditions.

Les trois personnes sous mandat d'arrêt sont inculpées de participation comme dirigeant d'une organisation criminelle, de traite d'êtres humains, de blanchiment, de faux et usage de faux social, d'escroquerie en droit pénal social, d'absence de déclaration immédiate à l'emploi (Dimona), de déclarations inexactes ou incomplètes concernant les cotisations sociales, de non-paiement de cotisations à l'Office national de sécurité sociale et de défaut de paiement de la rémunération en tant qu'employeur.

La quatrième personne, remise en liberté sous conditions, est inculpée des mêmes chefs d'accusation mais en tant que membre d'une organisation criminelle, non en tant que dirigeant.

Pour rappel, la série de perquisitions lundi a été menée par la police judiciaire fédérale de Liège sous la direction d'un magistrat instructeur spécialisé en matière financière (Division Liège), en collaboration avec les services d'inspection sociale compétents.

Les villes concernées étaient Stavelot, Jalhay, Stoumont, Chaudfontaine, Waimes, Herstal, Herve, Grâce-Hollogne, Nivelles, Wavre-Sainte-Catherine, Anvers, Kontich, Zaventem et Ypres. Le parquet fédéral a ajouté que des perquisitions ont aussi été menées en Roumanie et au Luxembourg.

L'entreprise est suspectée de faire du dumping social en recrutant en Europe de l'Est des conducteurs de camions pour les faire travailler en Belgique aux conditions d'emploi de leur pays d'origine. Il y aurait 1.100 chauffeurs employés de cette manière. Le manque à gagner pour la sécurité sociale belge s'élèverait à quelque 55 millions d'euros, entre 2014 et 2016.