Démantèlement d'un vaste réseau nigérian de prostitution à Bruxelles

La police a démantelé ce jeudi un important réseau criminel qui se livrait à de la traite des êtres humains par le biais de la prostitution dans le quartier de la gare du Nord à Schaerbeek. L'enquête, la plus importante du genre, s'est étendue sur plusieurs mois. Cinq suspects, dont un suspect principal, ont été déférés devant le juge d'instruction.

Les enquêteurs de la division de recherche traite des êtres humains de la police judiciaire fédérale de Bruxelles, en collaboration avec la zone de police locale Bruxelles Nord, ont mené plusieurs perquisitions simultanément à plusieurs endroits en Belgique.

Ils ont ainsi perquisitionné les planques des suspects, les "safehouses" dans lesquelles les victimes seraient logées, et une trentaine de maisons closes du quartier bruxellois de la prostitution, que le suspect principal se serait officieusement appropriées.

Cinq suspects ont été appréhendés et une trentaine de jeunes femmes ont été libérées. L'enquête ciblait les activités criminelles d'une proxénète nigériane qui aurait pris du galon au cours des dernières années dans le quartier bruxellois de la prostitution. Elle aurait recruté des jeunes filles au Nigeria pour les faire venir à Bruxelles en faisant appel à des trafiquants.

"Ce procédé serait pratiqué au niveau international dans le milieu nigérian de la prostitution", selon la police.

Celle-ci précise qu'au sein du milieu nigérian de la prostitution forcée, certaines techniques sont utilisées au niveau international pour recruter de jeunes, voire très jeunes, filles au Nigeria, et les faire ensuite venir en Europe en faisant appel à des trafiquants.

Une fois arrivées en Europe, elles seraient prises en charge dans le milieu de la prostitution, sous le contrôle d'une proxénète nigériane. "A la demande d'une proxénète, les filles sont généralement recrutées dans la région de 'Benin-City'.

Elle utilisait une cérémonie vaudou

La proxénète leur fait miroiter un bel avenir en Europe et leur fait subir avant le départ une cérémonie vaudou lors de laquelle elles jurent obéissance.".

Après avoir fait ce serment, les filles sont ensuite transportées, généralement en groupes, par les trafiquants nigérians jusqu'à la côte libyenne. Ce voyage périlleux dure de plusieurs semaines à plusieurs mois. Durant celui-ci, les filles subiraient des viols réguliers par les trafiquants et leur entourage. Plusieurs filles décéderaient au cours du voyage en raison de ces conditions éprouvantes.

Une fois arrivées en Europe, elles seraient quasi immédiatement introduites dans le quartier local de la prostitution et doivent gagner le montant préalablement convenu en tant que prostituées.

Dans le quartier bruxellois de la prostitution, des filles seraient contraintes de se prostituer pour rembourser une "dette" de 45.000 euros. En cas de désobéissance ou de tentative d'évasion, les familles de ces filles restées au pays feraient l'objet de menaces, extorsions, coups, enlèvements, voire assassinats.

"Les enquêteurs de la police fédérale ont identifié une trentaine de jeunes filles qui auraient toutes été victimes de ces pratiques et auraient travaillé dans le quartier bruxellois de la prostitution. Les perquisitions ont également permis d'intercepter plusieurs personnes signalées", ajoute le communiqué. Plusieurs personnes en séjour illégal ont également été mises à la disposition de l'Office des étrangers.