La partie civile demande la condamnation des "princesses du Conrad"

Les avocats de la partie civile ont plaidé, jeudi matin, devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, la condamnation des "princesses du Conrad" avec des dommages et intérêts de l'ordre de 2.500 euros environ pour chacune des quelque quinze victimes constituées partie civile. Une princesse des Emirats arabes unis, sept de ses filles et un de leurs majordomes sont prévenus pour avoir maltraité une vingtaine de femmes qu'ils employaient, en 2008, à l'hôtel Conrad à Bruxelles.
BELGA

Les différents avocats de la partie civile ont pris la parole pour leurs clientes, jeudi matin, et ont plaidé la condamnation des prévenus, absents au procès. Ceux-ci, la princesse arabe Sheikha Hamda Alnehayan, sept de ses filles et l'un de leurs majordomes, sont néanmoins représentés par des avocats.

Les conseils de la partie civile ont rappelé les conditions dans lesquelles les victimes ont séjourné à l'hôtel Conrad en 2008, au service de la famille princière en question (aujourd’hui Steigenberger Grand Hotel Brussels, depuis son rachat par un groupe allemand).

"Elles dormaient sur un matelas, par terre, au pied des portes des chambres des princesses. Elles devaient être disponibles 24 heures sur 24 et n'étaient pas payées", a expliqué l'un des avocats.
Les princesses et leur majordome doivent répondre de traite des êtres humains, de traitements inhumains et dégradants, de séquestration et d'infractions à la législation sociale belge.

En 2008, la police avait constaté que cette famille princière des Emirats arabes, qui louait tout un étage du luxueux hôtel Conrad à Bruxelles, y exploitait une vingtaine de femmes de différentes nationalités. Celles-ci y séjournaient dans des conditions proches de l'esclavage, sans permis de travail, sans permis de séjour, et sans rémunération.

Le procès se poursuivra jeudi après-midi avec le réquisitoire de l'auditorat du travail et vendredi matin avec les plaidoiries de la défense.

Pourquoi un procès près de dix ans après les faits ?

L’auditorat du travail de Bruxelles avait bouclé son enquête dès 2010, mais suite à une longue bataille de procédure, il aura fallu attendre des années avant que le dossier n’atterrisse au tribunal. De longues négociations ont suivi en fin d’une solution à l’amiable, finalement en pure perte puisque la loi de transaction pénale a finalement été recalée.

Alors que l’enquête avait aussi visé la direction de l’Hôtel Conrad et trois membres d’une société de gardiennage chargés de surveiller les jeunes servantes, ces personnes ne devront finalement pas comparaître devant le juge.

Le procès intervient donc près de 10 ans après les faits. Neuf suspects sont donc poursuivis devant le tribunal correctionnel pour une série de violations de la législation du travail, mais surtout pour trafic d’êtres humains et traitements inhumains. On est certain en tous cas qu’aucune des princesses n’assistera au procès à Bruxelles.