Le vitrioleur du Delhaize condamné à 18 ans de prison pour torture

La cour d’appel de Bruxelles a condamné le Néerlandais de 42 ans, qui en février 2015 avait aspergé d’acide sulfurique une travailleuse d’un Delhaize à Anvers (photo), à une peine de prison de 18 ans, pour torture. En octobre, le vitrioleur avait été condamné pour la même durée de 18 ans de prison et à une mise à disposition du tribunal d'application des peines durant 10 ans par le tribunal correctionnel de Bruxelles, pour tentative d'assassinat. La cour d'appel a quant à elle considéré qu'il s'agissait de torture.

Le ressortissant néerlandais avait jeté de l'acide sulfurique au visage de Marina Tijssen le 20 février 2015 dans le Delhaize de la Museumstraat à Anvers. L'individu faisait chanter l'enseigne et menaçait d'attaquer un des magasins depuis des mois. Il préparait ses méfaits depuis son licenciement en raison de ses problèmes pécuniaires.

L'agresseur avait ensuite pris la fuite avant d'être arrêté par la police française dans la nuit du 5 au 6 mars 2015, lors d'un contrôle de routine dans la région parisienne. Il avait ensuite été remis aux autorités belges.

Le tribunal avait estimé que Jelle Frenken était coupable de chantage, tentative d'extorsion et tentative d'assassinat, et qu'il n'avait pas d'autre but que de vouloir tuer la victime. Devant la cour d'appel, la défense a soulevé qu'un doute persistait quant à l'intention de tuer dans le chef de l'auteur. La partie civile et le procureur général ont appelé la cour à confirmer la condamnation pour tentative d'assassinat. La cour d'appel a finalement suivi la défense et a condamné l’homme pour torture.

Satisfaction de la victime

"Cela a peu d'importance pour moi qu'il ait été condamné pour torture et non pour tentative d'assassinat", a réagi la victime Marina Tijssen (photo archives) à l'issue de l'audience. "C'est surtout la peine qui était importante pour moi. Je suis satisfaite qu'elle ne soit pas plus légère. (...) Cet homme n'a pas sa place dans la société. Son acte est terrible, et je reste une victime, mais j'espère pouvoir à présent tourner la page."

"Je pense que la cour a apporté une importante nuance juridique", a pour sa part commenté Sven Mary, avocat du vitrioleur. "Le terme de torture me semble davantage correspondre aux faits que celui de tentative d'assassinat. Le fait que la mise à disposition du tribunal tombe également ouvre à mon client des perspectives de réinsertion dans la société dans un délai prévisible."