"Aucune profession n’est épargnée par la consommation de drogue"

Un rapport européen indique que les Anversois sont les plus grands consommateurs de drogues en Europe. L’avocat Kris Luyckx livre son analyse: médecins, avocats,... toutes les catégories professionnelles consomment des drogues.
© Jonas Gilles/Reporters

Selon un rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies, les Anversois sont les plus grands consommateurs de drogue en Europe. Dans aucune autre ville européenne, on retrouve autant de traces d’amphétamines dans les eaux usées. En ce qui concerne la consommation de cocaïne, de méthamphétamine, MDMA et cannabis, Anvers se situe dans le top 5.

Aujourd’hui, on compte deux fois plus d’accros à la cocaïne en traitement qu’il y a 5 ans. Cette augmentation ne surprend pas l’avocat anversois Kris Luyckx qui s’est exprimé sur les antennes de Radio 1 : "Je rencontre régulièrement des noms connus dans la liste des clients de dealers arrêtés. Aucune catégorie professionnelle n’est immunisée contre la consommation de drogue : avocats, médecins, professeurs ou travailleurs portuaires, jeunes comme vieux."

À l’heure actuelle, les dealers ont du travail. "J’ai des clients qui envoient trois à quatre coursiers. Pendant le week-end, ils ont une sorte de bol.com (site de livres en ligne ndlr) où l'on peut commander un gramme pour 50 euros. En une demi-heure, la drogue est livrée", a indiqué Kris Luyckx.

Les transactions se poursuivent

L’avocat reconnait que la ville d’Anvers a énormément investi dans la lutte contre la drogue (War on drugs) : "On arrête plus de dealers de drogue. La logique voudrait que, si on arrête plus de dealers, la drogue se raréfie. Mais ce n’est pas le cas. Je constate que les dealers envoient des messages de promotion à leurs clients du genre : "5 pour le prix de 3", cela veut quand même dire qu’il y a plus d’offre et de concurrence, non ?"

Selon Kris Luyckx, les transactions s’effectuent moins dans l’espace public, mais par le biais de circuits alternatifs. Du coup, ces personnes sont encore plus dans l’ombre : "Avant, il y avait encore des revendeurs au coin de la rue. Maintenant, on envoie un sms pour se faire livrer dans sa boîte aux lettres."

La répression seule ne fonctionne pas

Aux yeux de l’avocat, il n’existe toutefois pas de solution miracle. "Je ne dirais pas que la prévention est LA solution, mais, en tout cas, seulement une répression pure et dure, ça n’aide pas." L’avocat reçoit régulièrement des dossiers concernant des personnes mortes à la suite d’une overdose. "Il s’agit souvent de témoignages sur la manière dont ça peut mal tourner. Les drogues sont très accessibles, elles sont petites, elles vous enivrent, mais la claque après coup est énorme".