"La difficulté est de repérer une radicalisation à son stade précoce"

A l’heure où l’organisation terroriste Etat islamique ne forme plus elle-même des gens pour commettre des attentats mais tente de les inspirer à tuer, le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (photo) estime qu’il est nécessaire de s’attaquer différemment au terrorisme. Il évalue comment étendre à toutes les communes du pays le système de Cellules de sécurité intégrale locale (CSIL).

"Nous devons combattre ce phénomène avec toutes les forces et toutes les personnes que nous possédons", indiquait le ministre de l’Intérieur dimanche soir, dans l’émission Terzake (VRT). Selon Jan Jambon, le véritable défi est maintenant de détecter les signes de radicalisation de jeunes au stade le plus précoce possible.

Au lendemain de l'attentat de Londres (photo) commis par trois hommes qui ont tué 7 personnes et blessé des dizaines d'autres dans le centre de la capitale britannique, Jan Jambon constate que le mode opératoire de ces terroristes a changé. "Avant, ils étaient formés pour commettre des attentats. Maintenant, l'Etat islamique appelle à entreprendre "quelque chose" et à faire beaucoup de victimes. L'EI n'ordonne plus depuis longtemps mais inspire, c'est affreux."

Cette violence doit être prise en charge en détectant plus tôt les signes de radicalisation, souligne Jan Jambon. "C'est pourquoi des Cellules de sécurité intégrale locale (CSIL) seront créées au sein des communes." Le ministre étudie comment les étendre à toutes les communes.

Selon lui, une collaboration avec la communauté musulmane du pays est très importante. "Le discours nous/eux existe, mais il ne s'agit pas des musulmans contre les autres, mais bien de nous qui voulons le bien pour notre société - et cela comprend les musulmans - et ceux qui lui veulent du mal. Il existe toutefois des problèmes avec la fraction violente de la communauté musulmane, nous pouvons pas nous cacher la tête dans le sable", poursuivait le ministre.

Jan Jambon ajoutait que c'est le sens qu'il fallait donner au message posté dimanche sur Facebook par le Secrétaire d'Etat à l’Asile et la Migration. "Nous allons gagner. Pas eux. Nous", avait écrit Theo Francken.