Christophe Deborsu : "l’écart entre la Wallonie et la Flandre se creuse"

De plus en plus de Wallons vont habiter en Flandre et ça ne surprend pas le journaliste Christophe Deborsu. Il habite officiellement à Namur mais passe le tiers de son temps à Schelle, près d’Anvers. "Les Wallons se rendent de plus en plus compte que l’écart se creuse."

En 2016, plus de 9 000 familles "wallonnes" ont décidé de franchir la frontière linguistique pour s'installer en Flandre, soit une augmentation d'un quart par rapport à l'année précédente, révèlent des statistiques du SPF Intérieur.

Ces chiffres ne surprennent pas Christophe Deborsu, l’un des rares journalistes connus des deux côtés de la frontière linguistique. Journaliste à RTL, il habite officiellement à Namur, mais passe le tiers de son temps en Flandre. Plus précisément à Schelle, dans la région anversoise, où il habite avec sa femme Annick De Wit, journaliste pour Het Laatste Nieuws.

"Les Wallons se rendent de plus en plus compte que l’écart entre les deux régions se creuse", a-t-il expliqué lors de l’émission radio "De Ochtend" sur Radio 1. Ils donnent toute une série d’exemples au niveau fiscal, comme les droits d’enregistrement et de succession meilleurs marchés. "Les Wallons commencent à en avoir marre que la croissance économique reste supérieure en Flandre. En outre, l’enseignement y est meilleur et le taux de chômage est deux fois moins élevé. Je peux encore en parler pendant des heures, mais je préfère m’arrêter..."

La N-VA au fédéral rassure

Selon Christophe Deborsu, la présence de la N-VA au gouvernement fédéral a permis d’apaiser certaines appréhensions du côté wallon : "Jusqu’en 2014, la N-VA était un parti inconnu qui donnait l’impression de lutter pour une Flandre indépendante. Ils voient désormais que Jan Jambon (ministre de l’Intérieur) et Theo Francken (secrétaire d’État à l’Asile et Migration) font un assez bon travail. L’image de la N-VA qui empêchait les Wallons de déménager en Flandre est moins présente."

Dans le même temps, il estime aussi que la Wallonie a beaucoup à offrir : "Les terrains y sont trois moins chers, la qualité de l’air y est meilleure et il y a beaucoup d’espace pour construire. Les Flamands sont également les bienvenus ici, nous les recevrons les bras ouverts."