Le gouvernement va prolonger la mission de nos F-16 en Syrie

Le gouvernement décidera vendredi de la prolongation de la mission de quatre chasseurs-bombardiers F-16 en Syrie jusqu'à la fin de l'année pour pallier un renoncement des Pays-Bas, tout en réduisant le nombre d'appareils et leurs activités. Le ministère de la Défense a confirmé les propos tenus au Canada par le Premier ministre Charles Michel.

"La Belgique continuera à déployer quatre F-16 accompagnés d'un détachement d'appui d'environ 110 militaires (dont une vingtaine temporairement) à partir du 1er juillet jusqu'au 31 décembre" sur la base aérienne jordanienne d'Azraq, a annoncé le ministre de la Défense, Steven Vandeput (N-VA) dans un communiqué.

Le cas échéant, une équipe de quatre militaires, dont le "Red Card Holder" (RCH, l'officier supérieur habilité à autoriser tel ou tel raid aérien s'il est en conformité avec la législation belge et les "règles d'engagement" approuvées par le gouvernement) sera engagé au Qatar, où les Etats-Unis disposent - en dépit de la crise qui oppose ce petit Etat accusé par ses voisins, dont l'Arabie saoudite, de soutenir le terrorisme - d'un centre d'opérations aériennes (CAOC) gérant tous les vols militaires au-dessus de la région, a ajouté la Défense.

"Les missions que nos avions effectueraient au bénéfice de la coalition (internationale dirigée par les Etats-Unis contre le groupe djihadiste Etat islamique, ou EI) restent inchangées. Seul le nombre d'heures de vol devrait être réduit de 400 heures à 250 heures de vol par mois", a précisé Steven Vandeput.

Les Pays-Bas assureront pour leur part, conformément à l'accord d'alternance conclu avec la Belgique sous le nom de "flip-flop" - mais qu'ils n'ont pas respecté en se déclarant en début d'année incapables d'assurer la mission au cours des six derniers mois de 2017 - la protection du sol du détachement belge déployé à Azraq.
Le coût de l'extension de l'opération, non budgété en début d'année, est de 17 millions qui seront financés par un glissement interne au sein du budget de la Défense, ont indiqué des spécialistes du dossier à l'agence Belga.

Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Charles Michel, en visite au Canada, avait évoqué une décision de la prolongation de la mission des F-16 belges lors du prochain conseil des ministres.

"Nous avons conclu un accord pour prolonger la mission de quatre F-16 afin de combattre le terrorisme en Syrie", avait précisé M. Michel, faisant état d'un accord intervenu en concertation avec Steven Vandeput et le comité ministériel restreint.

La demande de prolongation avait été formellement adressée à la Belgique le 9 mai par les Etats-Unis à la suite de l'impossibilité des Pays-Bas d'assurer cette mission.

La Belgique a déployé depuis octobre 2014 six avions de combat F-16 en Jordanie, d'où ils opèrent contre des objectifs terrestres de l'EI (alias Daech, selon son acronyme arabe) en Irak et depuis l'été dernier en Syrie.

La force aérienne néerlandaise attend pour sa part du futur gouvernement de La Haye l'aval pour assurer la succession des Belges à partir du 1er janvier 2018.