Premier procès pour terrorisme dans le Limbourg

Le tribunal correctionnel de Hasselt a condamné vendredi un homme de 21 ans originaire de Zonhoven et sa soeur de 19 ans à trois ans de prison chacun, dont un avec sursis, ainsi qu'à une amende de 600 euros avec sursis. Ils ont apporté leur aide à l'organisation terroriste Etat islamique (EI) et ont diffusé son idéologie, notamment sur les réseaux sociaux. C'était le premier procès pour terrorisme en province du Limbourg.

Les enquêteurs avaient retrouvé des vidéos d'exécutions sur le GSM du jeune homme. Sa soeur avait collaboré avec le magazine de propagande de l'organisation, Dabiq. Elle traduisait des articles de l'anglais vers le bosniaque. Le tribunal a estimé qu'il s'agissait bien d'aide à un groupe terroriste.

Le jugement souligne que les faits sont beaucoup plus graves que ce que les deux jeunes ont admis. "Le terrorisme est l'une des atteintes les plus sérieuses à l'Etat de droit", et les prévenus constituent un "réel et grave danger pour l'ordre social et la sécurité publique", peut-on y lire.

Au moment de son arrestation, le frère avait assuré qu'il était en cours de déradicalisation, mais le tribunal n'y a pas cru. "D'après ses activités sur internet et les réseaux sociaux, les documents qu'il a consultés, il n'était pas du tout en train de s'adoucir. Il a encore exprimé des idées très radicales. Juste avant son arrestation, il a collecté des informations suspectes sur la commission d'attentats, la fabrication de bombes et la manière de causer des blessures. Il avait ouvert un compte Facebook 'lone wolf' (loup isolé). Il y a de sérieux indices qu'il voulait en faire plus que seulement diffuser les messages de l'EI et recruter de nouveaux 'soldats' pour l'EI", a jugé le tribunal.

Via leurs différents comptes sur les réseaux sociaux, ouverts à tout public, les deux individus soutenaient l'idéologie et les actions de l'EI. Selon le tribunal, ils devaient forcément être conscients que, directement ou indirectement, ils incitaient à commettre des attentats.

Le tribunal leur a tout de même accordé un sursis partiel. En échange, ils devront suivre un accompagnement en vue de leur déradicalisation et rechercher un emploi ou une occupation utile.
Tous deux étaient surveillés par les autorités depuis un moment. Ils auraient commencé à se radicaliser en 2015. Le frère aurait recherché une arme afin de tirer sur un policier.

Il avait été arrêté le 3 décembre. Il avait lancé aux agents qu'ils devaient lui tirer dessus afin qu'il puisse accéder au paradis en tant que martyr.

D'importantes mesures de sécurité étaient en vigueur vendredi matin lors de l'audience, mais les deux prévenus n'étaient pas présents. En raison d'un manque d'effectifs de sécurité, ils n'ont pas pu être acheminés depuis la prison.