Une chaîne humaine pour la fermeture de Doel 3 et Tihange 2

Quelque 50.000 personnes ont formé ce dimanche une chaîne humaine (photo) de 90 kilomètres entre Tihange, en province de Liège, et la ville allemande d’Aix-la-Chapelle, d’après la plateforme d’associations anti-nucléaires qui organisaient l’événement. Les participants venus tant de Belgique que d’Allemagne et des Pays-Bas somment les autorités belges de fermer les réacteurs nucléaires Tihange 2 et Doel 3, dont les cuves présentent des milliers de microfissures.

La chaîne humaine reliait Tihange à Aix-la-Chapelle en passant par Maastricht. Les organisateurs avaient calculé qu'il fallait environ 60.000 personnes pour couvrir les 90 km du parcours. Mais avec 50.000 personnes, ils estiment avoir largement atteint leur objectif.

Pour que la chaîne soit la plus étalée possible, les initiateurs du projets avaient réparti les inscrits en fonction de leur lieu de résidence ou de leur organisation. "Presque toute la distance était couverte. La mobilisation est énorme", a commenté la porte-parole Clémentine Squevin.

Parmi les nombreuses personnalités présentes, il y avait l'acteur liégeois Bouli Lanners, parrain de l'événement, ainsi que des représentants des partis politiques Ecolo, CDH et PTB. La chaîne était organisée conjointement par des initiatives citoyennes belges, néerlandaises et allemandes.

Les participants réclament la fermeture de Tihange 2 et Doel 3, les deux réacteurs dans la cuve desquels des microfissures ont été découvertes à partir de 2012. L'Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) a estimé, après enquête, qu'elles pouvaient tout de même continuer à fournir de l'électricité. "Incompréhensible", jugent les associations réunies pour l'événement de ce dimanche.

"La présence de microfissures augmente le risque"

"Même le directeur de l'AFCN a été forcé de reconnaître que tout nouveau réacteur atomique présentant ces défauts ne pourrait être homologué", relèvent-elles. "La présence de ces fissures augmente fortement le risque d'une rupture soudaine des cuves et d'une catastrophe nucléaire du fait de la fusion de cœur par perte du liquide de refroidissement."

Pour la plateforme, il ne faut prendre aucun risque car "une catastrophe nucléaire causerait la mort de dizaines de milliers de personnes, la maladie chez des centaines de milliers d'autres et compromettrait définitivement l'avenir de nos enfants".

L'approvisionnement en électricité de la Belgique pourrait être assuré sans Tihange 2 et Doel 3, dont les arrêts sont d'ailleurs fréquents, ajoute-t-elle. Au-delà de l'arrêt définitif de Tihange 2 et Doel 3 (photo), certains participants demandent aussi que l'Allemagne ferme ses usines de combustibles nucléaires de Lingen et Gronau, qui exportent vers les centrales belges.

Plus largement, les initiateurs du projet et leurs soutiens défendent une transition de l'énergie nucléaire vers le renouvelable. Jeudi, Engie-Electrabel et le directeur de la centrale nucléaire de Tihange avaient invité une délégation de manifestants pour une rencontre ce dimanche. Mais les organisateurs ont préféré remettre le rendez-vous à un moment plus opportun que le jour-même de leur action.