Epidémie de rougeole à la prison de Gand

Les symptômes d’infection virale détectés vendredi auprès de 21 détenus et membres du personnel de la prison gantoise "De Nieuwe Wandeling" se sont avérés être la rougeole. C’est ce qu’indique ce mardi l’Agence flamande de santé "Zorg en Gezondheid". Tant les détenus que les personnel seront vaccinés. Les visites restent temporairement suspendues, tout comme les transferts de détenus.
AP2008

"Un détenu est tombé malade après être arrivé à la prison gantoise. La rougeole est une infection virale très contagieuse, qui a rapidement été transmise à d’autres détenus et à des membres du personnel. Il n’est pas impossible que d’autres personnes tombent encore malades", précisait Dirk Wildemeersch de l’Agence Zorg en Gezondheid.

"Nous allons maintenant tenter de limiter l’épidémie, en vaccinant les détenus. Et nous allons isoler les malades, pour qu’ils ne soient plu en contact avec les autres détenus", ajoutait Wildemeersch.

Le vaccin contre la rougeole est obligatoire en Belgique et fait partie depuis 1985 du schéma de vaccination de base. Une première injection est prévue à l'âge de 12 mois, avant un rappel à 10 ans. La rougeole est pratiquement éradiquée en Belgique, mais peut parfois revenir via une personne venue de l'étranger porteuse de la maladie.

A la prison de Gand (photo), en Flandre orientale, aucune visite n'est autorisée ce mardi ainsi qu'aucun transfert de détenu. Il a dès lors été demandé aux parquets de privilégier les procès impliquant des personnes détenues dans d'autres prisons.

La Confédération des syndicats chrétiens affirme pour sa part que des mesures de protection du personnel ont été prises, dont le port de masques et de gants. La CSC estime également que la suspension des visites est certes une mesure drastique pour les détenus, mais compréhensible afin de garder l'infection sous contrôle.

La santé des détenus en Flandre est "alarmante"

Si l’on en croit les conclusions d'une étude menée par l'Université de Gand dans 12 centres pénitentiaires du nord du pays, la santé des détenus dans les prisons flamandes est "alarmante". Le quotidien Het Belang van Limburg en fait écho ce mercredi.

Les chercheurs ont interrogé 812 détenus sur leur état de santé physique et mentale. Selon les résultats, 37,6% d'entre eux ont déjà pensé à se suicider et 22,9% ont tenté de le faire. Les détenus mangent également moins bien et sont enclins à fumer davantage

Un point positif, toutefois: la moitié d'entre eux pratique de l'exercice au moins une demi-heure par jour, alors que cette proportion tombe à un tiers en dehors du milieu carcéral.

Nicolas Maeterlinck