Le hacker Downsec Belgium écope de 20 mois de prison

Le tribunal correctionnel de Bruxelles a prononcé mardi une peine de 20 mois de prison avec sursis total à l’encontre de Kevin W., un jeune Français vivant à Saint-Nicolas près de Liège. Il a été reconnu coupable d’être entré ou d’avoir tenté d’entrer sans autorisation dans des systèmes informatiques. Sous le nom de Downsec Belgium, il a piraté des sites internet d’entreprises, de banques, de partis politiques et d’institutions publiques belges, entre 2015 et 2016.

Le tribunal a tenu compte de la gravité des faits et du caractère complètement irrationnel des actes commis. Il a également estimé que le prévenu avait tenté de faire croire qu'il y avait tout un groupe de pirates informatiques derrière lui, alors qu'il était seul à agir.

Le tribunal a également pris en compte le fait que le prévenu avait minimisé les faits et a considéré ses agissements comme "stupides" étant donné qu'il disait en vouloir au gouvernement fédéral alors qu'il s'est attaqué entre autres à des organismes indépendants de l'Etat.

Le tribunal a ainsi prononcé une peine de 20 mois de prison avec sursis total et une amende de 30.000 euros avec sursis pour la moitié. Par ailleurs, il a accordé un dommage moral d'un euro symbolique à Belgocontrol, l’entreprise chargée du trafic aérien belge, et à l'Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire (AFCN), constitués partie civile. Il a accordé en outre un dommage matériel de 1.186 euros à l'AFCN, somme relative aux heures supplémentaires payées à un informaticien pour rétablir l'accès à son site internet.

Un millier d’attaques

Kevin W., un boulanger de la région liégeoise, a été condamné pour menaces et pour avoir piraté les sites web du Premier ministre, du Sénat, du Comité P (la police des polices), des partis politiques N-VA et CDH, de la banque BNP Paribas Fortis, de l'Office National de l'Emploi, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de l'AFCN (photo) ou encore de Belgocontrol. Au total, 1.033 attaques lui sont attribuées.

L'enquête avait été initiée à Bruxelles, le 8 octobre 2015, à la suite de la diffusion sur YouTube d'une vidéo de menace envers les policiers belges. La séquence filmée était signée Downsec Belgium et accusait les policiers d'être corrompus, les menaçant d'étaler sur la toile des documents sensibles contenus dans la base de données de la police.

Une seconde vidéo du même type avait été diffusée le 8 novembre 2015 et contenait des menaces cette fois dirigées contre le Premier ministre Charles Michel, accusé d'être corrompu lui aussi. Kevin W. avait été suspecté d'être l'homme derrière la dénomination Downsec Belgium, à l'origine de ces attaques informatiques et de ces menaces. Il avait été interpellé fin 2016.