Le VAB plaide pour un contrôle technique plus efficace

L'organisation de mobilité flamande VAB appelle lundi le gouvernement à améliorer le contrôle technique des véhicules. Dans un communiqué, elle réagit à un article publié sur le site web de la VRT relatant comment des journalistes ont réussi à passer le contrôle technique sans problème avec un véhicule diesel sans filtre à particules, ce qui est pourtant illégal. Pour elle, cette fraude n'est que "la partie émergée de l'iceberg". L'organisation Touring n'a, elle, pas souhaité réagir.

"De très nombreux filtres s'avèrent défectueux et incapables d'atteindre leur objectif de filtrer 95% des émissions", affirme le VAB dans son communiqué. L'organisation a calculé qu'en Belgique, "pas moins de 140.000 voitures diesel roulaient sans filtre à particules ou avec un filtre défectueux".

L'incapacité de détecter le degré de pollution des voitures diesel est due à des appareils de mesure inadéquats, affirme l'organisation. Par ailleurs, le test de mesure d'opacité des fumées d'échappement à l'accélération, utilisé par le contrôle technique, "est très controversé car inadapté aux voitures diesel modernes". Il n'est pas non plus "représentatif de la concentration en particules fines des gaz d'échappement" et n'est pas "assez précis".

Le VAB se pose dès lors de sérieuses questions sur la légitimité des zones à basse émission (ZBE) comme à Anvers. Comment garantir le respect de cette zone alors qu'on n'est pas en mesure de contrôler efficacement les moteurs diesels?, se demande-t-il.

Le VAB plaide pour que contrôle technique et ZBE soient ajustés afin que le premier rende la deuxième valide et efficace. Il souhaite que l'on puisse opérer d'ici 2019 des contrôles environnementaux plus rigoureux, non seulement pour les filtres à particules mais aussi pour l'émission de dioxyde d'azote (NO2).

Pour ce faire, la norme appliquée au contrôle technique doit être adaptée à la norme européenne, le taux d'émission de NO2 doit être contrôlé à chaque inspection et des méthodes de mesure plus efficaces et modernes doivent être utilisées, conclut l'organisation.

Le secteur automobile réclame aussi des normes de mesure plus strictes

Traxio, ( anciennement Federauto) la fédération du secteur automobile et des secteurs connexes, réclame des normes de mesure plus strictes pour évaluer les émissions de particules, indique-t-elle lundi.

Elle réagit ainsi à un article publié sur le site web de la VRT relatant comment des journalistes ont réussi à passer le contrôle technique sans problème avec un véhicule diesel sans filtre à particules, ce qui est pourtant illégal.

Selon le porte-parole de Traxio, Philippe Decrock, qui représente entre autres les garagistes, les Pays-Bas avaient assoupli la législation sur les filtres à particules entre 2015 et début 2017.

Retirer son filtre à particules n'était plus punissable. Dès lors, de nombreux garagistes néerlandais ont proposé par internet de retirer le filtre à particules. Ces offres ont été également proposées en Belgique, bien que cela reste illégal dans notre pays.

Il est difficile d'estimer le nombre de fournisseurs belges qui ont réalisé ce travail, ajoute Traxio. "La majorité de nos garages savent bien que si on enlève le filtre à particules, la voiture n'est techniquement plus aux normes."

Traxio soutient Goca, le Groupement des entreprises agréées pour le contrôle automobile et le permis de conduire, qui plaide pour des normes de mesure plus strictes. "Nous devons revoir d'urgence l'équipement afin d'obtenir un test correct. Il existe des dispositifs plus modernes qui permettent de contrôler de manière plus efficace". Traxio indique qu'elle prendra contact avec le Goca.
La Fédération belge de l'automobile et du cycle (Febiac) n'a, elle, pas encore souhaité réagir, renvoyant vers le Goca.