Des dizaines de détenus dorment par terre dans nos prisons

Dans plusieurs prisons du pays des détenus sont obligés de dormir sur un matelas sur le sol. Ils sont environ 200 dans ce cas d’après des chiffres donnés par le ministre de la Justice Koen Geens (CD&V) suite à une question de Groen. L’information est révélée par le quotidien De Morgen, ce mercredi.

D’après le député fédéral Stefaan Van Hecke (Groen) la situation est devenue intenable pour des dizaines de détenus. "Ils dorment sur des matelas ou sur ce qui ressemble à un matelas sur le sol de leur cellule qui est souvent très exiguë. Faute de place les matelas sont parfois posés à côté des WC. Ce sont des conditions inhumaines".

D’après les chiffres obtenus par Stefaan Van Hecke du ministre de la Justice, environ 200 détenus par nuit doivent dormir par terre.

La surpopulation est depuis longtemps un problème dans les prisons belges. Mais au cours des deux dernières années on a noté une amélioration. En 2015 il y avait encore 10% de détenus en trop dans nos prisons par rapport à la capacité normale. En 2016 la surpopulation était descendue juste en dessous des 10%.

Mais ces derniers mois la population carcérale a de nouveau augmenté. Il y a actuellement 10.800 détenus dans les prisons belges, alors que l’objectif du ministre Koen Geens était de ramener ce nombre à 10.000.

Stefaan Van Hecke demande donc au ministre d’intervenir. "Cela peut arriver exceptionnellement qu’on doive utiliser un matelas, mais actuellement des dizaines de personnes dorment depuis des semaines sur le sol dans des conditions déplorables. Cela ne peut plus durer".

Il rappelle que notre pays a déjà été condamné dans le passé par la Cour Européenne des Droits de l’Homme à cause de la mauvaise gestion de ses prisons. Le ministre Koen Geens déclare être conscient du problème et que 350 places devraient se libérer prochainement.

Quelles sont les prisons les plus surpeuplées du pays ?

En 2016, les prisons du pays ont accueilli une population journalière moyenne de 10.618,8 personnes. Sur l'ensemble de l'année passée, la surpopulation carcérale a atteint 9,60%, soit une diminution de presque 15% par rapport à 2013, ressort-il du rapport annuel de la Direction générale des établissements pénitentiaires (DG Epi), publié mardi soir.

En mars 2017, la surpopulation carcérale était en hausse avec une moyenne de 16,4%, d'après les chiffres de l'administration pénitentiaire. Mais pour l'ensemble de l'année 2016, ce pourcentage est bien en baisse par rapport aux années précédentes: 9,60%, contre 10,10% en 2015 et 24,10% en 2013.

La prison de Dinant était de loin la plus surpeuplée du pays, avec un taux moyen de détenus en surnombre de 64%. Suivent les prisons de Berkendael (42%), Namur (41,9%) et Jamioulx (35,2%).

En Flandre, les prisons les plus surpeuplées étaient Anvers (34,8%) et Malines (34,6%).

A l'inverse, 13 autres établissements du pays affichaient en 2016 une population moyenne inférieure à leur capacité, ce qui n'exclut pas qu'elles aient connu des périodes de surpopulation certains mois ou dans certaines sections.

Les raisons de la diminution de la surpopulation sont "les réalisation des Masterplans I et II, l'ouverture du Centre de psychiatrie légale de Gand, pouvant accueillir et traiter 264 internés dans des conditions adéquates, l'augmentation des expulsions de détenus en situation illégale, et un nombre croissant d'octrois de surveillance électronique", analyse la DG Epi.

En 2016, aucun détenu rattaché à un établissement fermé ne s'est évadé, et seuls six détenus se sont enfouis d'établissements ouverts ou semi-ouverts, pointe par ailleurs le rapport d'activités. En 2012, on comptait encore 47 évasions, dont 14 depuis un établissement fermé.